Qui sont les femmes autochtones du Canada ?

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La chasseuse inuit canadienne Meeka Mike, au premier plan, ardente défenseure des moyens traditionnels pour la chasse au caribou avec Marie Airout, au Nunavut, au Canada, à environ 200 miles (321 km) au sud du cercle polaire arctique
AP Photo/Beth Duff-Brown

"Statistiques Canada" vient de rendre publique une étude sur les femmes autochtones au Canada, soit les femmes des Premières Nations, les Métisses et les Inuites, à partir de données recueillies en 2011. Elle montre que les discriminations ont la vie dure.

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L'étude menée par Statistiques Canada, organisme public équivalent de l'INSEE français (Institut national de la statistique et des études économiques), est sans précédent. Elle relève d'abord l'importance relative des autochtones dans la population féminine du Canada. Il y a 5 ans, elles étaient 718 500 au total, soit 4% de la population féminine du Canada : parmi elles, 61% sont membres d’une Première Nation, 32% sont des Métisses et 4% des Inuites.

Moins diplômées, plus chômeuses


Seulement 51% d’entre elles, âgées entre 25 et 64 ans, étaient titulaires d’un diplômes d’études postsecondaires, contre 65% chez les femmes non autochtones. L’étude révèle en revanche que les femmes autochtones plus jeunes sont plus diplômées que leurs aînées.

On apprend aussi que femmes autochtones avec un diplôme universitaire en poche ont un taux d’emploi légèrement plus élevées que les femmes non autochtones avec un diplôme équivalent : 81,8% contre 79,5%. Mais seulement 60,1% des femmes autochtones qui ont entre 25 et 64 ans sont actives sur le marché du travail, contre 71,4% pour les non autochtones. Et là encore, posséder un diplôme d’études secondaires permet aux femmes autochtones d’intégrer davantage le marché du travail.

Il leur offre aussi une bien meilleure rémunération et leur revenu médian augmente en fonction de leur niveau de scolarité. Ainsi, ce revenu était de quelque 15 000$ chez les femmes autochtones âgées de 25 à 64 ans sans aucun diplôme, contre près de 50 000$ pour celles qui ont un diplôme. Ce qui prouve bien que faire des études est la meilleure option pour les femmes autochtones afin d’avoir un travail bien rémunéré qui leur offrira une qualité de vie.

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Une jeune Inuit tire un enfant sur un traîneau le long d'une rue ennéigée à Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest du Canada, en avril 1974
AP Photo

L'enquête statistique, extraits

"Selon les données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM) de 2011, il y avait 718 500 femmes et filles autochtones au Canada, ce qui représentait 4 % de la population féminine au Canada. Au total, six femmes et filles qui ont déclaré être autochtones sur dix (61%) ont dit être des Premières Nations3 (46 % indiquant être Indiennes inscrites et 15 %, être Indiennes non inscrites); près du tiers (32 %) ont déclaré être Métisses et 4 % ont dit être d’identité inuite. De plus, 1 % ont déclaré plusieurs identités autochtones et 2 % n’ont pas mentionné appartenir à un groupe autochtone particulier mais ont dit être Indiennes inscrites et/ou appartenir à une bande indienne. (.../...)
 



"Le taux de fécondité des femmes autochtones demeure plus élevé que celui des femmes non autochtones, même si ce taux varie d’un groupe autochtone à l’autre. En 2011, l’indice synthétique de fécondité pour l’ensemble des femmes autochtones était de 2,2 enfants par femme, comparativement à 1,6 enfant par femme pour la population non autochtone. (.../...)

"La population autochtone est nettement plus jeune que la population non autochtone, ce qui tient à la fois à un taux de fécondité plus élevé et à une espérance de vie plus courte17. Selon les données de l’ENM de 2011, l’âge médian des femmes autochtones était de 29,1 ans, comparativement à 26,1 ans pour les hommes autochtones et un âge médian beaucoup plus élevé pour les femmes non autochtones – 41,5 ans. (.../...)
 



"Près de la moitié des femmes autochtones (47 %) vivaient en couple en 2011, comparativement à 57 % des femmes non autochtones. Il existe aussi des différences au niveau de la situation conjugale des femmes vivant en couple, c’est à dire le fait qu’elles soient mariées légalement ou qu’elles vivent en union libre. Par contre, les femmes autochtones étaient proportionnellement plus nombreuses que les femmes non autochtones à vivre en union libre (17 % contre 11 %). De plus, les femmes inuites sont les plus susceptibles de vivre en couple sans être légalement mariées : en 2011, 23 % des Inuites vivaient en union libre, contre 18 % des femmes des Premières Nations et 15 % des Métisses. (.../...)

"Les femmes des Premières Nations vivant dans les réserves et les Inuites sont plus susceptibles de vivre dans un logement surpeuplé ou dans un logement ayant besoin de réparations majeures. (.../...)

"Chez les Inuits et les Métis, les femmes étaient plus susceptibles que les hommes d’avoir terminé leurs études secondaires. En 2012, une nette majorité (74 %) des femmes des Premières Nations vivant hors réserve âgées de 18 à 44 ans avaient satisfait aux exigences d’obtention d’un diplôme d’études secondaires ou l’équivalent (les « finissantes »), ce qui ne différait pas de manière significative de la proportion d’hommes des Premières Nations (69 %). Chez les Inuits âgés de 18 à 44 ans, on était susceptible de retrouver plus de finissantes (46 %) que de finissants (36 %). Les Métisses étaient également plus susceptibles que les Métis d’avoir un diplôme d’études secondaires (80 % et 74 %, respectivement). Et c’est dans le domaine de la vente et des services que les femmes autochtones sont le plus susceptibles d’avoir un emploi. (.../...)

"Les femmes autochtones sont plus susceptibles que les femmes non autochtones d’avoir au moins un problème de santé chronique diagnostiqué. (.../...)
 



"Les femmes autochtones au Canada sont exposées à un risque plus élevé d’être victimes de violence en comparaison des femmes non autochtones."

Accéder à l'étude intégrale de Statistiques Canada : > Les femmes des Premières Nations, les Métisses et les Inuites

Pendant ce temps, l’enquête sur les femmes autochtones assassinées ou disparues progresse


Par ailleurs, l’enquête nationale décrétée en décembre dernier par le gouvernement Trudeau pour faire la lumière sur les milliers de cas de disparitions et de meurtres de femmes autochtones suit son cours. Au cours des trois derniers mois, la ministre des Affaires autochtones ainsi que celles de la Justice et de la Condition féminine ont parcouru le pays pour entendre les témoignages de survivantes, de familles et des proches des victimes, femmes disparues ou assassinées.

Les membres d’organisations autochtones ont aussi été entendus. Au total, 2000 personnes ont participé à 18 rencontres dont l’objectif était de définir des paramètres pour la mise en place de l’enquête en tant que telle. Le processus de consultation se poursuit jusqu’au 28 février, ceux et celles qui veulent témoigner peuvent le faire sur le site de l’enquête, par téléphone ou par écrit. Le gouvernement précisera par la suite comment va se dérouler l’enquête et quelles en seront les formes.

Ce qui est certain, c’est que le gouvernement Trudeau a une réelle volonté de rouvrir un dialogue authentique et intègre avec les communautés autochtones du Canada afin de se réconcilier avec elles et d’améliorer leur sort. Cette enquête en est la preuve, alors que les gouvernements précédents du premier ministre Harper ont refusé obstinément pendant des années d’en ordonner une.