Salwa El Daghili, juriste, libyenne, révolutionnaire

Salwa El Daghili est professeure de droit constitutionnel à l'Université de Benghazi.
Mariée et mère de trois garçons, cette femme de 46 ans qui vit entre la France et la Libye venait de rejoindre son pays le 15 février 2011 quand la Révolution a éclaté. Elle s'est alors battue chaque jour aux côtés des Libyens.

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Le 20 octobre 2011, Mouammar Kadhafi était blessé dans un bombardement de l'Otan, puis tué, après 42 ans de pouvoir tyranique, quasiment lynché par une foule avide de vengeance. Salwa El Daghili oeuvre à donner un nouveau visage à la justice libyenne.
Seule femme membre du Conseil National de Transition (CNT), Salwa El Daghili a présidé la Commission Juridique chargée d'élaborer de nouvelles règles pour le pays.
Il lui faut rassembler les preuves des crimes de guerre commis par le régime de Kadhafi, traquer les mercenaires engagés par l'ancien Raïs et rédiger les bases d'une nouvelle Constitution pour le pays.

De passage pour quelques jours à Paris, elle nous raconte son combat. Rencontre

“J'ai toujours voulu faire du droit...“

Salwa a étudié en France, à la Sorbonne, elle en garde une grande reconnaissance à la France qui l'a accueillie et éduquée.
Salwa El Daghili, juriste, libyenne, révolutionnaire

Le début du travail politique

Dès les premiers jours de la Révolution, Salwa El Daghili participe à la création de la première radio libre de Libye.
Le 5 mars 2011, elle entre avec 9 autres personnalités libyennes au Conseil National de Transition qui deviendra l'organe de représentation du peuple libyen insurgé.
Salwa El Daghili, juriste, libyenne, révolutionnaire

“La révolution, nous l'avons faite pour nos enfants“

Pendant plusieurs semaines, les manifestations s'enchaînent. Hommes et femmes sortent dans la rue et demandent la chute du régime.
Salwa participe à ce combat, à armes inégales, puisque face aux insurgés ce sont des militaires et toute une armée qui se dressent et ripostent.
Salwa El Daghili, juriste, libyenne, révolutionnaire

“La laïcité ne semble pas possible en Libye“

Le 7 juillet 2012 se sont tenues les premières élections destinées à élire les 200 membres du Congrès général national, chargé de prendre le relais du CNT pour diriger le pays. Sur les questions du poids de la religion dans la nouvelle gouvernance, Salwa reste évasive et hésitante.
Salwa El Daghili, juriste, libyenne, révolutionnaire

Et maintenant, que faire, et comment faire

Désormais, de nouveaux enjeux attendent les Libyens. Il s'agit aujourd'hui de construire la démocratie et d'élaborer une nouvelle Constitution mais aussi de désarmer le pays et de renforcer la sécurité.
Si Salwa El Daghili ne s'est pas présentée à ces premières élections comme convenu par les règles énoncées lors de la création du CNT, elle se présentera sans doute aux prochaines et deviendra peut-être la première femme Ministre de la Justice. Pour le moment, elle attend comme tous les Libyens la formation du nouveau gouvernement.
Salwa El Daghili, juriste, libyenne, révolutionnaire

A propos d'Anna Pitoun, auteure de ce portrait de Salwa El Daghili

Anna Pitoun, cinéaste "engagée" a réalisé plusieurs documentaires de long métrage, au centre desquels la transmission, les traces, jouent un grand rôle, en particulier celle des Tsiganes d'Europe, les oubliés de la mémoire collective de la Seconde guerre mondiale. On lui doit, entre autres, Caravanes 55, Kings of the World, ou Pologne aller-retour.