Pour sauver le droit à l'IVG aux Etats-Unis, le gouverneur de New-York affûte ses armes

Andrew Cuomo gouverneur de l’état de new-York (Etats-Unis), 22 décembre 2016.<br />
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Andrew Cuomo gouverneur de l’état de new-York (Etats-Unis), 22 décembre 2016.



 
©AP photo/Seth Wening

La bataille s'annonce rude, car les nouvelles sous l'ère Trump ne sont pas bonnes sur le front de la défense du droit à l'avortement. A peine investi, le président américain vient de choisir un nouveau juge à la Cour suprême, connu pour ses positions anti-IVG. A New-York, le gouverneur entend défendre ce droit en l'inscrivant dans la Constitution de sa région.

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Il faut des hommes pour défendre le droit des femmes, à l'image d'Andrew Cuomo, gouverneur de l'Etat de New-York. Face aux menaces qui pèsent sur le droit à l'avortement depuis l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche, l'élu a  proposé d’inscrire l’arrêt « Roe V. Wade » dans la Constitution de l’Etat de New York, afin de le garantir "une fois pour toutes".
 
Le gouverneur, qui se pose en chef de file de la résistance au virage conservateur amorcé par Donald Trump et la majorité républicaine au Congrès, avait déjà annoncé ces derniers jours que son gouvernement exigerait des sociétés d’assurance de couvrir les avortements médicalement justifiés et la plupart des formes de contraception.
 
Andrew Cuomo, 59 ans, est membre du Parti démocrate, ancien secrétaire au logement sous administration Clinton (1997-2011), il est  gouverneur de l'état de New-York depuis 6 ans. Le 4 janvier dernier, il a lancé dans son Etat, un programme (la bourse Excelsior), visant à offrir l'université gratuite pour les familles les plus modestes.

Car il y a de quoi s'inquiéter. Dix jours après avoir pris ses quartiers dans la Maison Blanche, le nouveau président poursuit sa "croisade" anti-IVG en choisissant un juge à la Cour suprême connu pour ses positions  très conservatrices, notamment sur ce sujet.
 
Il s'agit de Neil Gorsuch, magistrat à la cour d'appel fédérale de Denver (Colorado). A 49 ans, il deviendra, s'il est confirmé par le Sénat, le plus jeune juge nommé à la Cour suprême en un quart de siècle. Gardienne de la Constitution, cette Cour tranche les grands débats de la société américaine. Chacun de ses membres est nommé à vie par le président en exercice, puis confirmé par les sénateurs.

A terme, a précisé Donald Trump, le nouveau rapport de force qu’il compte instaurer à la haute juridiction pourrait déboucher « automatiquement » sur l’annulation de l’arrêt « Roe V. Wade ». Cet arrêt emblématique de la Cour suprême a légalisé l’avortement le 22 janvier 1973 aux Etats-Unis.

Et ce n'est évidemment pas un hasard, si c'est le lendemain de cette date anniversaire que Donald TRump avait choisi d'annoncer un décret interdisant le financement d’ONG internationales soutenant l’avortement. Photo à l'appui. On y voit Donald Trump, entouré de sept de ses collaborateurs, exclusivement masculins.

Cette photo avait d'ailleurs suscité un joli "buzz" sur les réseaux sociaux", du côté des défenseurs des droits des femmes.
 
Le journaliste du Guardian, Martin Belam a ainsi tweeté le cliché accompagné de la légende: "De votre vivant, vous ne verrez jamais une photo de sept femmes signant un décret sur ce que les hommes peuvent faire avec leurs organes reproducteurs." Depuis le 23 janvier, son message a été retweeté plus de 266.000 fois et "liké" plus de 343.000 fois.

Cette coupe entend mettre un terme au  travail engagé depuis plus de 45 ans par l'agence pour le développement international (USAID ), qui a permis d’améliorer l’accès des femmes à la contraception dans les pays les plus pauvres. En 2016, les Etats-Unis ont dépensé 607 millions de dollars pour les programmes de santé reproductive et la planification familiale.

Ce montant a permis à 27 millions de femmes dans le monde d’accéder à des moyens contraceptifs, d’éviter le déclenchement de 2,3 millions d’avortements, et de prévenir 11 000 décès maternels.

 
Le bonnet rose ou "pussy-hat" est devenu le signe de rallliement des femmes qui dénoncent la politique de Donald Trump, ici lors de la manifestation anti-Trump à Seattle (Etats-Unis) le 21 janvier 2017.
Le bonnet rose ou "pussy-hat" est devenu le signe de rallliement des femmes qui dénoncent la politique de Donald Trump, ici lors de la manifestation anti-Trump à Seattle (Etats-Unis) le 21 janvier 2017.
©AP Photo/Elaine Thompson




Cette décision de fermer le robinet aux ONG s'adressait sans équivoque aux millions d’Américaines (et d'Américains) qui avaient manifesté deux jours plus tôt pour leurs droits. Si elles ne sont pas prêtes de mettre leurs bonnets roses au placard, elles peuvent d'ors et déjà en tricoter un pour Andrew Cuomo.