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Scandale autour d'un gala de charité en Grande-Bretagne : les hôtesses en pâture

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Reportage de notre partenaire France2, 1'55''

Deux journalistes du Financial Times se sont fait passer pour des hôtesses lors d’une soirée de charité dans un hôtel de luxe londonien, réservée à des invités masculins. Tenue sexy obligatoire, attouchements, voire harcèlement. De quoi faire vaciller l'image de "gentlemen" de l'élite économique et politique britannique.

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Cet éminent chef d’entreprise britannique n’a pas attendu longtemps pour décider de démissionner de son poste au ministère de l’Education. Son nom : David Meller. Président du groupe de luxe Meller et membre non exécutif d'une commission du ministère, il copréside le très sélect Presidents Club. Celui là même qui organisait le 18 janvier 2018 son dîner de gala annuel, servant à collecter des fonds pour des projets caritatifs.

Car sélection il y a. Dans la lignée des clubs anglos-saxons de l'époque coloniale,  dans lesquels les femmes n'étaient pas admises, ici seuls les hommes sont invités. Au total 360 personnalités du monde politiques et des affaires ont répondu présent, sans leurs épouses ou compagnes donc. Seule présence féminine acceptée, et même visiblement fortement désirée, celle de jeunes hôtesses, au nombre de 130. Au préalable, les organisateurs leur font part de quelques instructions, incontournables. Robe ou jupe noire, courte, et sous-vêtements assortis. Autres consignes, signer une clause de confidentialité, et laisser aux vestiaires les téléphones portables. Autant d’indices qui auraient pu déjà donner une idée quant au déroulement ou du moins à l’atmosphère du dîner…

Un scénario de film érotique de série B

Voici donc ce qui attendait ce soir-là, les deux journalistes du Financial Times, l'un des plus respectés quotidiens britanniques, qui s'étaient fait engager incognito comme hôtesses. Ce qu’elles vont voir est digne d’un scénario de film érotique de série B. Attouchements, mains sous la jupe, harcèlement, propositions déplacées comme celle de rejoindre des invités dans leur chambre.

L’une des journalistes, Madison Marriage, raconte sur les ondes de la BBC : « J'ai subi des attouchements à plusieurs reprises et je sais que de nombreuses autres hôtesses ont dit qu'il leur était arrivé la même chose ». « Le pire qu'une hôtesse m'ait raconté est qu'un homme lui a montré son pénis au cours du dîner », ajoute-t-elle.
 
Le Presidents Club pourrait fermer à la suite des accusations de harcèlement sexuel, titre en Une le quotidien économique britannique The Financial Times, le 25 janvier 2018.
Le Presidents Club pourrait fermer à la suite des accusations de harcèlement sexuel, titre en Une le quotidien économique britannique The Financial Times, le 25 janvier 2018.
Crédit: capture internet

Ce dîner avait pour but de récolter des fonds pour financer des hôpitaux pour enfants malades. Selon le Financial Times, plusieurs prix étaient proposés aux enchères. Parmi eux : un déjeuner avec le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, une pause thé avec le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mark Carney. Les deux hommes concernés ont déclaré ne pas être au courant et ont pris publiquement leurs distances avec le club incriminé. Parmi les autres lots à gagner : une nuit dans un club de stiptease de Soho ou encore une intervention de chirurgie esthétique pour « donner un peu de piquant »  aux épouses des participants. « Si vous voulez que votre femme ressemble à ça ! » lance l’animateur de la soirée -désignant sur scène l’une des hôtesses, peut-on voir dans la vidéo captée par les journalistes du FT.

Ebranlé par le scandale, le Presidents Club s'est dit « consterné » . Il a annoncé qu'il n'organiserait plus d'événements de collecte de fonds. « Un tel comportement est totalement inacceptable. Ces allégations feront l'objet d'une enquête (...) et des mesures appropriées seront prises », a assuré un porte-parole. Plusieurs sponsors et bénéficiaires annoncent qu’ils se désolidarisent du dîner mondain.
 
La Première ministre britannique Theresa May fait part de son "malaise" après avoir lu l'article du Financial Times, dénonçant le scandale du gala du Presidents Club. 
La Première ministre britannique Theresa May fait part de son "malaise" après avoir lu l'article du Financial Times, dénonçant le scandale du gala du Presidents Club. 
Crédit : AP Photo/Frank Augstein

Shocking !

Même ton scandalisé du côté des hautes instances politiques. La Première ministre Theresa May fait part de son « malaise », par la voix de son porte-parole, et salue la décision de David Meller de démissionner, bien qu'il n'ait pas lui-même été accusé de harcèlement sexuel.

Devant la chambre des communes, la secrétaire d'Etat chargée de l'Apprentissage, Anne Milton juge cette affaire « clairement inacceptable pour le ministère de l'Education ».

« Est-ce cela que ces hommes réclament en échange de dons à des causes charitables ? Absolument épouvantable et honteux », a tweeté la députée travailliste et ex-ministre Yvette Cooper.

Deux hôpitaux pour enfants ont annoncé leur intention de restituer des dons perçus par le passé et le géant britannique de la publicité WPP, qui avait sponsorisé une table a annoncé mettre fin à son association avec l'événement.

Après #BalanceTonPorc ...  #BalanceTonLord ?