"Stop djihadisme", une campagne française pour enrayer les départs, des filles aussi

En février 2015, Amira Abase à gauche, 15 ans, Kadiza Sultana, 16 ans, et Shamima Begum franchissaient les portes de l’aéroport de Gatwick au Sud de Londres, avant d’attraper leur vol pour la Turquie, puis de passer dans zones contrôlées par l’Etat islamique. Depuis, leurs familles sont sans nouvelles.
En février 2015, Amira Abase à gauche, 15 ans, Kadiza Sultana, 16 ans, et Shamima Begum franchissaient les portes de l’aéroport de Gatwick au Sud de Londres, avant d’attraper leur vol pour la Turquie, puis de passer dans zones contrôlées par l’Etat islamique. Depuis, leurs familles sont sans nouvelles.
AP Photo/Metropolitan Police, File

Les départs de jeunes Français pour la Syrie n'épargnent pas les femmes. Le gouvernement français lance une campagne vidéo, avec les témoignages de ces familles qui ont perdu leurs enfants, pour tenter d'enrayer cette mortelle attirance.

dans

Elles constitueraient un quart des effectifs des départs volontaires, depuis la France, pour les zones de combat, en particulier celles contrôlées par l'Etat islamique.

D'après un récent rapport de l'Institut stratégique du Dialogue britannique, une association luttant contre le radicalisme, sur les 4000 Occidentaux qui auraient rejoint les rangs du groupe "Etat islamique", plus de 550 seraient des femmes. La plupart sont célibataires et jeunes. Ce sont surtout des adolescentes ou des jeunes âgées de vingt ans. Leur profil socio-économique, leur origine ethnique et leur religion sont très diverses mais elles sont souvent plus instruites et meilleures élèves que les garçons aspirants djihadistes.

Interdites de combat, elles soutiennent l'organisation en tant qu'épouse, mère, recruteuse voire, parfois, comme promotrice de la violence sur les réseaux sociaux. Longtemps moins prises en considération que les combattants masculins par les services antiterroristes, elles commencent à être vues comme une menace tout aussi préoccupante par certains membres des services de sécurité occidentaux : moins susceptibles d'être tuées mais davantage de perdre un mari au combat, elles pourraient revenir à la maison endoctrinées et remplies d'amertume.

La plupart sont aspirées par le biais des réseaux sociaux, ou embrigadées à la manière des sectes. Leurs parents, leurs ami-e-s ne voient souvent rien venir. Et lorsque ces proches découvrent leur disparition, il est déjà, le plus souvent, trop tard.

> Relire notre article : "Les sirènes féministes du djihadisme"

Le gouvernement français a lancé un site dédié à ce combat quotidien contre la radicalisation "Stop djihadisme" et ouvert une ligne de téléphone spécifique avec un numéro vert : 0800005696

Quatre vidéos appuient désormais ces démarches, témoignages sobres et poigants de parents désemparés, une campagne à laquelle s'associe TV5MONDE. Sur Terriennes, nous avons décidé de diffuser celle qui évoque le destin de Léa, une adolescente.

Vous avez toute la terre qui vous tombe dessus.

Baptiste, père de Léa