Un comité ONU-Femmes en France

De gauche à droite, François Fatoux, Fanny Benedetti et Miren Bengoa du comité français, Mitushi Das d'ONU-Femmes à New York et Laurence Gillois du Bureau ONU Femmes de Bruxelles. © Daphné Bengoa/Comité ONU Femmes France<br/>
De gauche à droite, François Fatoux, Fanny Benedetti et Miren Bengoa du comité français, Mitushi Das d'ONU-Femmes à New York et Laurence Gillois du Bureau ONU Femmes de Bruxelles. © Daphné Bengoa/Comité ONU Femmes France

L’agence onusienne consacrée aux femmes bénéficie désormais d’un comité national en France. Le 17eme créé dans le monde et le 11eme en Europe. Ses missions : relayer les campagnes d'ONU-Femmes à l’échelle nationale, interpeller les acteurs publics et privés, sensibiliser l’opinion publique et mobiliser de nouveaux contributeurs financiers.

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Après la Finlande, la Suède, la Norvège,  l’Allemagne, l’Italie, la Belgique, le Royaume-Uni, l’Autriche, la Suisse et l’Islande… la France accueille le 11e bureau d’ONU-Femmes en Europe et le 17e dans le monde. Fondé sous le statut d’association de droit français, le comité français de l’agence onusienne est composé de professionnels et de bénévoles. A sa tête, une présidente, Miren Bengoa, déléguée générale de la fondation Chanel, et une directrice exécutive, Fanny Benedetti, ancienne chargée de mission au ministère français des Affaires étrangères qui a participé à de nombreuses négociations internationales en matière de droits des femmes.

La mission première du comité est de relayer les messages d’ONU-Femmes à l’échelle nationale, de porter ses actions de sensibilisation et de plaidoyer. Le comité compte interpeller et mobiliser les autorités françaises mais aussi la société civile et les entreprises privées pour améliorer la représentation des femmes dans les hautes instances politiques et économiques, réduire les inégalités professionnelles et lutter contre les violences faites aux femmes. Et parmi ces violences, la grande pauvreté qui frappe davantage les Françaises, en particulier les mères célibataires comme l'ont mis au jour deux rapports publiés cet automne.

Dans ces trois domaines clés, la France, comme l’a rappelé le comité, a encore des efforts à faire. Les écarts de salaires entre femmes et hommes sont de 27 %, les femmes ne représentent que 15 % des membres des conseils d’administrations des entreprises du CAC 40, elles représentent à peine 27% des élus à l’Assemblée nationale malgré la loi sur la parité, 148 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint en 2012.

Dans le cadre d’une stratégie internationale, le comité français veut aussi peser aux côtés d’ONU-Femmes dans les négociations qui se sont engagées depuis plusieurs mois pour définir les nouveaux Objectifs du millénaire post 2015, avec le but d’en obtenir un spécifique pour les femmes. A l’échelle de la planète, les inégalités de genre restent flagrantes. « Chaque jour, 800 femmes meurent enceintes ou en couche, deux tiers des femmes ont un travail précaire ou travaillent dans l’économie informelle et 603 millions de femmes vivent dans un pays où les violences conjugales ne sont pas considérées comme un délit », détaille Laurence Gillois du Bureau ONU-Femmes de Bruxelles.

La France, un faible contributeur

Reste la question des financements. Comme ses autres homologues, le comité français se doit de trouver de généreux contributeurs pour financer ses actions et plus encore les programmes internationaux d’ONU-Femmes. Née en 2010, en pleine période de crise économique, la plus petite des agences onusiennes, qui « doit pourtant s’occuper de la moitié de l’humanité », souligne Mitushi Das, représentante du siège new-yorkais, n’a jamais obtenu auprès des Etats membres les 500 millions de dollars initialement prévus. Son budget a été de 220 millions de dollars en 2011 et a à peine atteint les 300 millions de dollars les années suivantes. En guise de comparaison, « l’UNICEF (l’agence onusienne dédiée aux enfants fondée en 1946, ndlr) bénéficie d’un milliard de dollars par an », indique Fanny Benedetti.

Pour le comité français, il est urgent de plaider auprès du gouvernement une contribution plus conséquente. La France s’avère être « un petit contributeur, le 18e sur la liste », déplore Fanny Benedetti. Sa participation ne s'est élevée qu'à 1,8 million de dollars pour le budget de 2012. Elle a été dix fois plus faible que celle du Royaume-Uni. Mais, avec les restrictions budgétaires en cours, le comité français devra aussi miser sur de solides partenariats avec le privé.