Un triple A pour les femmes

M. Kim Yong Jim de la Banque mondiale à la rencontre de femmes leaders et autres représentantes dassociations féminines - septembre 2012 © Banque Mondiale
M. Kim Yong Jim de la Banque mondiale à la rencontre de femmes leaders et autres représentantes dassociations féminines - septembre 2012 © Banque Mondiale

La Banque mondiale vient de lancer des “obligations femmes”, assorties de la meilleure note, le fameux triple A, pour un montant totalisant 165 millions de dollars. L'argent aidera les femmes des pays émergents à développer leur entreprise. 

dans
La dette souveraine française ne l'a plus, mais les nouvelles obligations, lancées il y a quelques jours par la Banque mondiale, sont, elles, bien assorties du triple A ! La meilleure note, celle qui donne le plus confiance aux investisseurs... Et ces derniers ont effectivement répondu à l'appel. Les obligations placées auprès d'eux, exclusivement au Japon, pour l'instant, équivalent à un montant de 165 millions de dollars. Des fonds qui serviront à aider les femmes, dans les pays émergents. 

L'argent de ces “obligations femmes” sera en effet canalisé vers des banques et des intermédiaires financiers locaux, qui auront le devoir de le prêter seulement à des sociétés dans lesquelles les femmes sont majoritaires, ou dans lesquelles elles détiennent au moins un cinquième des parts et disposent de postes dans l'encadrement et à la direction. 

Une initiative inédite 

C'est la première fois que la Banque mondiale émet ce genre de produit financier, même si ces dernières années, elle a lancé à plusieurs reprises des « obligations vertes ». Les fonds récoltés servent à aider les pays émergents dans leurs efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre et s'adapter au changement climatique.

La réduction de la pauvreté passe par les femmes 

Pour les « obligations femmes », le raisonnement de la Banque mondiale a été simple. Sa mission étant la réduction de la pauvreté et le développement économique, il faut passer par les femmes pour réussir. D'autant qu'actuellement, les femmes (50% de la population mondiale), représentent 70% de la population pauvre. 

Pourtant, elles luttent : un tiers des petites et moyennes entreprises dans les pays émergents sont lancées par des femmes. Avec un handicap majeur, cependant. Elles ont beaucoup de difficultés à accéder au crédit, ce qui bride le développement de ces petites structures et pèse sur la prospérité de ces femmes d'affaires. C'est donc à cette pénurie de crédit que répondent les “obligations femmes” de la Banque mondiale. L'institution envisage déjà d'en lancer ailleurs qu'au Japon.

Lysiane J.Baudu

Ancienne grand reporter à La Tribune, Lysiane J. Baudu a rencontré, pendant ses 20 ans de journalisme international, des femmes du monde entier. 
 
Ces "rencontres" feront l'objet de billets, qui lui permettront de faire partager ses impressions, ses analyses, son ressenti au contact de ces femmes, dont l'action professionnelle fait sens pour toutes les autres, de même que pour la société.