Vers la parité à la Fifa ? Une Burundaise élue au comité exécutif du football mondial

Le président de la Fifa Sepp Blatter et la Burundaise Lydia Nsekera, le 13 avril 2005 à Bujumbura - Esdras Ndikumana / AFP/Archives
Le président de la Fifa Sepp Blatter et la Burundaise Lydia Nsekera, le 13 avril 2005 à Bujumbura - Esdras Ndikumana / AFP/Archives

Lydia Nsekera (Burundi) est devenue la première femme dans l'histoire du football international élue pour quatre ans au comité exécutif (gouvernement du football mondial) de la Fifa, le 31 mai 2013, lors du Congrès de l'Île Maurice, tandis que deux autres femmes y ont été cooptées, mais pour un an seulement. Portrait d'une battante tenace.
 

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109 ans pour y arriver...

L'an dernier, au Congrès de Budapest, Lydia Nsekera, déjà, avait été la première femme à entrer au "comex", mais en étant seulement cooptée pour un an. C'est donc une première historique qui a eu lieu à l'Île Maurice avec cette élection d'une femme dans l'organe décisionnaire de la Fifa pour un mandat de quatre ans. Le football est une passion de longue date pour cette Burundaise de 46 ans et mère de deux enfants. Depuis 2004, elle dirigeait la Fédération de football du Burundi.

C'est aussi la première fois que trois femmes y entrent en même temps, alors qu'il n'y en avait encore aucune il y a deux ans. Moya Dodd (Australie) et Sonia Bien-Aime (Turks-et-Caicos) ont elles été cooptées pour un an. Et c'est un petit pas de plus vers la parité à la Fifa même s'il reste du chemin, puisqu'elle sont trois sur 24, soit moins de 12%.
"Une femme avait été cooptée l'an dernier pour un an au comité exécutif et cette année, une femme a rejoint officiellement le comité exécutif en étant élue, avec deux autres cooptées. Il nous a fallu 109 ans pour en arriver là", a commenté le président de la Fifa, Joseph Blatter.

Blatter a ensuite loué le « courage » de la Fifa pour ouvrir son gouvernement aux femmes, contrairement à « l’UEFA », l'organisme qui gère le football européen. « L’UEFA avait quatre sièges à renouveler maintenant, ils auraient pu mettre des femmes, ils n’ont pas le courage. Ils ont mis des hommes, des bons, certes, mais nous, nous ouvrons aux femmes », a-t-il commenté.
 

“Je suis avant tout une responsable sportive !“

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“Je suis avant tout une responsable sportive !“
 

Le football un sport d'homme ?

Le football s’est construit comme un sport d’homme. Sur le foot se sont greffées toutes les identités de genre masculin : l'endurance physique, les muscles saillants, le spectacle devant un public, dans un stade ouvert avec des joueurs érigés au rang de quasi demi-dieu... Toute cette rhétorique masculiniste fait que les femmes n'ont pas leur place sur le terrain.
Exception à la règle, les États-Unis. Dans ce pays, le "soccer", tel qu'ils l'appellent, est considéré comme un sport de femme. Les vrais "mecs", eux, jouent au football… américain.
La gardienne de l'équipe de football féminin des Etats-Unis, Hope Solo © AFP
La gardienne de l'équipe de football féminin des Etats-Unis, Hope Solo © AFP