Terriennes

La danse pour lutter contre les violences faites aux femmes

Au Royaume-Uni, une nouvelle campagne de lutte contre les violences faites aux femmes fait sensation sur la toile. On y voit un couple de danseurs représenter le quotidien des femmes battues qui attendent encore trop longtemps avant de dénoncer leurs bourreaux.  

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Trop esthétique ? La question peut se poser. La chorégraphie est si bien composée et si brillamment exécutée par un duo de danseurs. Cet homme et cette femme incarnent un couple lambda, seul dans un grand appartement aux murs couleur blanc...hôpital. C'est bien là qu'Elle risque de finir au rythme auquel Lui la maltraite, la bat, la piétine, l'étrangle, la gifle, s'acharne jusqu'à la jeter dans l'escalier. 

Sous ses coups, Elle se transforme en marionnette désarticulée. Et parfois, leurs corps se rapprochent dans un geste de tendresse, d'amour retrouvé. Un leurre, pour ensuite mieux recommencer, retomber dans cette spirale de violence infernale.

Lancés dans une course-poursuite à travers tout l'appartement, le bourreau va finalement être stoppé par un mur invisible. Laissant la victime hors d'haleine, épuisée, mais hors d'atteinte.

Ce déchaînement de violence feinte, mimée par les danseurs Jennifer White et Jason Kittelberger - mari et femme - peut être douloureux à voir. En tout cas, elle interpelle.

Sensibiliser, prévenir

Diffusée depuis le 13 octobre par l'association britannique Victim Support et le National Center for Domestic Violence, la vidéo vise à alerter, sensibiliser une fois de plus la population sur les violences faites aux femmes. Celles-ci subissent de tels abus pendant plus de deux ans avant de recourir à l'aide d'un spécialiste. 

Par cette vidéo et cette campagne qui portent le mot-clé #Breaktheroutine (rompre les habitudes, ndlr) l'association Victim Support souligne l'importance de dénoncer ces violences trop souvent tues, perpétrées dans une routine malsaine dont les victimes peinent à s'échapper.

Dénoncer son bourreau

Selon des statistiques nationales de l'Angleterre et du Pays de Galles, une femme sur 4 est victime de violences domestiques dans sa vie. Et seulement une victime sur 5 dénonce son bourreau. Il reste du travail à faire pour que leur parole se libère, que ces violences sortent du couple. 

C'est le cas aussi en France où, chaque année, 223 000 femmes (en moyenne) sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de leur conjoint. Et seulement 14% d’entre elles portent plainte. Une démarche pourtant essentielle pour enclencher des poursuites. 

► Lire notre article sur le guide juridique des femmes victimes de violence


En France, un numéro d'appel gratuit "Violences femmes infos" existe : 3919 et un site internet dédié peut renseigner les victimes et tous ceux qui les entourent. Victim Support et d'autres associations britanniques offrent aussi cette aide et cette écoute. Essentielles pour aider les victimes de ces violences qui tuent. 

En France, 134 femmes sont mortes en 2014, selon le ministère français des Droits des Femmes. Mais il ne faut pas oublier les hommes qui, eux aussi, subissent des maltraitances et en parlent très peu. 35 sont morts en 2014.