Afrique

Adoptions au Mali : la plainte pour "escroquerie" de neuf Français classée sans suite

Chargement du lecteur...

La plainte déposée pour "escroquerie" et "abus de confiance" par neuf Français estimant que leur adoption au Mali s'était faite dans des conditions frauduleuses a été classée sans suite, a-t-on appris mardi auprès du parquet de Paris.

Cette plainte visait une association d'aide à l'adoption, Le Rayon de soleil de l'enfant étranger (RSEE), et une ancienne responsable locale, Danielle B., pour des faits qui se seraient produits entre 1989 et 1996, concernant des enfants nés au Mali entre 1984 et 1993.

Les faits qualifiés d'"escroquerie" étaient prescrits et ceux qualifiés de "recel d'escroquerie" et d'"abus de confiance" n'étaient "pas suffisamment caractérisés", a précisé le parquet. 

Les avocats des plaignants, Me Noémie Saidi-Cottier et Me Joseph Breham, considéraient que l'association et l'ancienne responsable avaient "dupé les parents biologiques maliens (...) et les parents adoptifs français".

Chargement du lecteur...

Ils pointent "un ensemble de manœuvres ayant convaincu les premiers de signer un acte valant décharge définitive de leur autorité parentale sur leur enfant et les seconds de régler des frais d'adoption pour un enfant qu’ils pensaient adopter légalement en France".

Selon eux, ceci permettait le prononcé par les tribunaux français d'adoptions plénières alors même que, selon les plaignants, des juridictions maliennes n'avaient autorisé que des adoptions temporaires, conformément à une disposition prévue dans la loi malienne sous le nom "d'adoption-protection".

Les parents biologiques pensaient donc que ces adoptions ne dureraient que le temps des études de leurs enfants et que ceux-ci reviendraient par la suite.

Au bout de quelques mois ou années, selon la plainte, ils perdaient tout contact avec leur enfant.

Dans d'autres cas, l'enfant était directement présenté comme abandonné à la justice malienne, qui prononçait leur adoption pleine, confirmée ensuite par la justice française.

Des soupçons autour de cette association, d'une autre de ses antennes locales et d'ex-collaborateurs de Danielle B. avaient déjà été relayés par des médias maliens dans les années 90.

Dans un communiqué publié sur son site internet, RSEE avait indiqué "réfute(r) toute participation (...) à un trafic d'être humain" et disait "se réserve(r) le droit d'intenter toute action afin de préserver ses droits et ceux de ses membres".