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Afrique du sud : l'ANC a choisi son nouveau chef

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©TV5MONDE/Sophie Roussi

Il s'appelle Cyril Ramaphosa. Sa mission: réunifier l'ANC, le parti au pouvoir en Afrique du Sud. A 65 ans, l'homme d'affaires, syndicaliste, figure de la lutte contre l'apartheid, a été élu à la tête du parti de Nelson Mandela. Une élection aux forceps.

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Si la salle exulte à l'annonce de son score, Cyril Ramaphosa a la victoire plus en retenue. Et pourtant cette victoire, il l'attendait de très longue date. Le voici tout nouveau chef de l'ANC. Un tremplin pour lui qui espère se voir un jour à la tête de la nation arc en ciel.

A Soweto le township où il a grandi, ses partisans fondent en lui tous leurs espoirs. Espoir d'un travail, espoir aussi que l'ANC de Nelson Mandela retrouve de son crédit.
 
Nous l'attendions depuis très longtemps, nous avons récupéré la puissance de notre ANC d'origine. Aujourd'hui, c'est à nouveau le moment où nos employés retrouveront leur organisation. Il s'est passé beaucoup de choses, et il est grand temps que la pourriture s'arrête enfin.

Lucky Lebeloane 
 
Nous avons besoin d'unité dès maintenant pour construire le Congrès national africain du futur, unité de toutes les branches de l'ANC. Les gens doivent pouvoir avoir des emplois et la sécurité et croire en l'ANC, qui tiendra ses promesses.

Robert Mokoena 

L'unité Cyril Ramaphosa va y être contraint car s'il conquiert la tête du parti.  D'autres postes clefs reviennent au clan de son adversaire Nkosazana Dlamini Zuma, donc indirectement au clan de l'actuel président sud africain Jacob Zuma. 
 

Il va devoir faires des choix stratégiques : dans quelles dépenses publiques couper, étant donné la situation fiscale catastrophique du pays, comment éloigner Zuma, ou encore  comment poursuivre les personnes coupables de corruption au sein de l'Etat. Cela va être extrêmement compliqué pour lui de diriger, il va devoir trouver un compromis pour chacun de ces dossiers.

Richard Calland, analyste politique

Les élections générales sont prévues pour 2019. Une longue route qui risque d'être sinueuse pour Cyril Ramaphosa, qui devra gérer rivalités et divergences avec Jacob Zuma, toujours président lui du pays.