Afrique

Afrique du Sud : le président condamne les féminicides

Des femmes sud-africaines participent à une manifestation contre la violence sexiste à Pretoria, Afrique du Sud, vendredi 27 septembre 2019. Plus tôt dans le mois, le féminicide a été déclaré "crise nationale".
Des femmes sud-africaines participent à une manifestation contre la violence sexiste à Pretoria, Afrique du Sud, vendredi 27 septembre 2019. Plus tôt dans le mois, le féminicide a été déclaré "crise nationale".
AP Photo/Jerome Delay

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a condamné comme des "actes inhumains" les féminicides qui, selon la police, ont grimpé en flèche depuis l'assouplissement du confinement qu'il a décrété dans son pays, le plus touché par le coronavirus en Afrique.

"J'ai été profondément troublé par une recrudescence des meurtres de jeunes femmes par des hommes ces derniers jours", a écrit le président Cyril Ramaphosa dans sa lettre hebdomadaire.

L'un des plus terribles de ces féminicides a été celui d'une femme enceinte de huit mois dont le corps a été retrouvé poignardé et pendu à un arbre il y a une semaine à Roodepoort, une banlieue de l'ouest de Johannesburg.

Quelques jours plus tard, vendredi 12 juin, le corps d'une autre jeune femme a été retrouvé enterré sous un arbre à Soweto.

Mais la police a fait état de plusieurs autres cas de féminicides dans tout le pays ces derniers jours. Et durant le confinement la situation de certaines femmes s'est aggravée.

Voir aussi : En Afrique du Sud, les violences domestiques en augmentation avec le confinement

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"C'est une semaine sombre et honteuse pour nous en tant que nation", a estimé le chef de l'Etat. "Nous notons avec dégoût qu'au moment où le pays fait face à la plus grave des menaces venant du coronavirus, des hommes violents profitent de l'assouplissement des restrictions pour attaquer des femmes et des enfants", a-t-il ajouté.

L'Afrique du Sud se classe parmi les pays ayant l'un des taux de violences domestiques les plus élevés au monde. Une femme y est assassinée toutes les trois heures, selon les statistiques de la police, dont 51% par des hommes avec lesquels elles ont des relations proches.

Ce taux est en moyenne cinq fois plus élevé que la moyenne mondiale. En 2017, une partie du pays s'était déjà indigné de la mort d'une jeune femme, Karabo Mokoena avec le mot dièse #MenAreTrash.

Freinée pendant deux mois par un strict confinement de toute la population, l'épidémie de coronavirus s'est accélérée en Afrique du Sud depuis que le gouvernement a décidé le mois dernier de desserrer l'étreinte sur l'économie du pays, en récession avant le début de la crise sanitaire.