Afrique

Afrique : une grève des contrôleurs aériens paralyse le ciel africain

Le trafic aérien à l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a été fortement perturbé, vendredi 23 septembre. (Photo datée de 2017)
Le trafic aérien à l'aéroport international Félix Houphouët-Boigny d'Abidjan a été fortement perturbé, vendredi 23 septembre. (Photo datée de 2017)
Licence Creative Commons

Une grève des contrôleurs aériens a paralysé, vendredi 23 septembre, plusieurs aéroports africains à l’instar de ceux de Bamako ou de Ouagadougou. À Abidjan, la totalité des vols commerciaux ont été annulés.

"Aucun vol n'a décollé, ni atterri aujourd'hui", a indiqué une source au sein de l'aéroport d'Abidjan, sous couvert de l’anonymat.  "On ne peut pas opérer. Tous nos vols sont annulés", a aussi confirmé le responsable de la communication de la compagnie Air Côte d'Ivoire, Yacouba Fofana.

La compagnie Air France à Abidjan a également attesté l'annulation de ses deux vols au départ de Roissy, censés atterrir dans la soirée dans la capitale économique ivoirienne. Tout comme la suppression de deux vols qui devaient en partir vers la France. Les vols Air France drainent chaque jour des centaines de passagers entre les deux pays.

Le mouvement de grève, lancé par l'Union des syndicats des contrôleurs aériens de l'Asecna (USYCAA), a débuté vendredi matin et doit durer 48 heures. Les grévistes réclament notamment une amélioration de leurs conditions de travail et de meilleurs plans de carrière.

Perturbations d’ampleur

L'Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (Asecna) compte 18 États membres, principalement des pays d'Afrique francophone. 
"C'est un mouvement général", a commenté un responsable de l'USYCAA au Burkina Faso. Ce dernier affirme que "le service minimum est assuré pour les vols militaires et humanitaires". 

Abidjan n'était pas le seul aéroport concerné par des perturbations d'ampleur. Aucun avion n'a atterri ou décollé de l'aéroport de Ouagadougou, selon des sources aéroportuaires. 

À Bamako, quasiment tous les vols commerciaux ont également été supprimés, a fait savoir anonymement un responsable du site.

Une responsable d'une agence de voyages de Dakar a également fait état de passagers coincés à Lomé, au Togo. 
À Dakar, cinq vols sur 17 ont été annulés, selon un responsable de l'aéroport, là aussi sous le couvert de l'anonymat. 

L’Afrique centrale n’est pas passée entre les gouttes. Au Cameroun, la compagnie nationale Camair-Co a indiqué sur Twitter que la grève a conduit "à l'annulation de tous ses vols" vendredi.

"Grève sauvage"

"La grève se poursuit", a prévenu le syndicat national des contrôleurs aériens de ce pays. Vendredi, dans un communiqué, l'Asecna a déploré la tenue de cette "grève sauvage", malgré l'interdiction de celle-ci "par tous les tribunaux saisis". 

Les autorités sénégalaises avaient "saisi la justice et cette dernière a suspendu la grève et réquisitionné les aiguilleurs. Malgré cette réquisition, les aiguilleurs n'étaient pas dans la tour de contrôle vendredi matin et les autorités les ont remplacés par des militaires de l'armée de l'air", a expliqué le responsable de l'aéroport de Dakar.
En Côte d'Ivoire, le ministère des Transports a qualifié cette grève d'"illégale", expliquant que la justice ivoirienne avait suspendu jeudi le préavis. 
Le ministère regrette que la grève intervienne alors que la "dynamique de dialogue est enclenchée". 

Un premier préavis a été posé pour le 25 août dernier. Mais le mouvement avait finalement été suspendu et des négociations entamées.