Afrique

À Alger, réunion des pays de la région pour résoudre la crise libyenne

Le 7 janvier dernier le président algérien recevait le ministre des affaires étrangères turc.
Le 7 janvier dernier le président algérien recevait le ministre des affaires étrangères turc.
AP POOL

Le seul aéroport fonctionnel de Tripoli a fermé de nouveau ce mercredi 22 janvier après des menaces des forces loyales au maréchal Khalifa Haftar. Nouvelle illustration de la fragilité de la trêve en Libye dont les pays voisins se retrouvent à Alger pour trouver une solution politique.

Les pays voisins de la Libye ont rejeté ce jeudi 23 janvier "toute ingérence étrangère" dans ce pays déchiré par la guerre.
Lors d'une conférence de presse à l'issue de la rencontre, le chef de la diplomatie algérienne Sabri Boukadoum a indiqué que ses hôtes avaient souligné "la nécessité de respecter la Libye en tant qu'État uni, de respecter la souveraineté des autorités légitimes à travers l'ensemble du territoire".

A l'initiative de l'Algérie, la réunion a rassemblé autour d'une même table les ministres des Affaires étrangères de Tunisie, d'Egypte du Tchad ainsi que du Mali. Des diplomates du Soudan et du Niger y ont également participé. Participait également à la réunion, le ministre des affaires étrangères allemand, Heiko Maas.

"Cette réunion n'est pas un mécanisme mais plutôt une réunion de concertation et de coordination pour faire entendre la voix des pays voisins dans les forums internationaux", a expliqué M. Boukadoum. Il a souligné que les participants à la réunion avaient exprimé leur "rejet de toute ingérence étrangère en Libye" et encourageaient "les parties libyennes à régler leur crise par les moyens pacifiques".

Fayez al-Sarraj, le chef du Gouvernement d'union (GNA) reconnu par l'ONU à Tripoli, et son rival qui contrôle l'est libyen Khalifa Haftar, ont refusé de se rencontrer au sommet de Berlin du week-end dernier. 

Le GNA y a tout de même signé l'accord formel de cessez-le-feu, mais pas le maréchal Haftar. Les deux camps rivaux se sont mis d'accord toutefois sur la formation d'une commission militaire chargée de définir les mécanismes de mise en oeuvre d'une trêve durable. La commission devrait se réunir "dans quelques jours", selon l'ONU qui veut organiser une réunion interlibyenne fin janvier à Genève. Invité à Berlin, le président algérien Tebboune avait proposé d'héberger un "dialogue" entre les parties libyennes.
 
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Une réunion à laquelle les deux rivaux directs ne participent pas non plus. Pourtant la situation reste tendue en Libye. La trêve reste très fragile : Mitiga, le seul aéroport fonctionnel de Tripoli, a fermé de nouveau mercredi soir après des menaces des forces pro-Haftar. Les forces pro-Haftar estiment que  le Gouvernement d'Union national de Tripoli veut utiliser l'aéroport pour faire débarquer des soldats envoyés par Ankara.
 

Présence des pays du Sahel

La présence des pays du Sahel, à ce sommet d'Alger, n'est pas neutre. La crise libyenne menace la stabilité régionale. La crise en Libye a créé un vide sécuritaire mais aussi favorisé la circulation de milliers d'armes, munitions et explosifs, contribuant d'une façon décisive à la montée en puissance des groupes djihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ces dernières années.  
 
Les pays voisins de la Libye ont été conviés à Alger
Les pays voisins de la Libye ont été conviés à Alger
TV5MONDE
 

Le président nigérien Mahamadou Issoufou le répète sans relâche. « La communauté internationale est responsable de ce qui nous arrive à travers sa décision désastreuse d'intervenir en Libye », a-t-il rappelé à Niamey en décembre.

Le président tchadien Idriss Deby est sur la même longueur d'ondes : « La bataille contre le terrorisme au Sahel passe forcément par le règlement de la crise libyenne. Le chaos libyen (…) demeure la principale source de déstabilisation de l'ensemble du Sahel », insistait-il en décembre à Rome.

Alger veut relancer le dialogue

Soucieuses de rester à égale distance des deux camps et hostiles à toute ingérence étrangère, les autorités algériennes ont multiplié les consultations pour tenter de contribuer à une solution politique.
  Partageant près de 1 000 km de frontière avec ce pays et souhaitant s'imposer comme un acteur clé en vue d'un règlement des crises en Libye et au Sahel, l'Algérie a reçu mardi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian, qui s'est félicité des "initiatives diplomatiques" algériennes.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, qui soutient le GNA en Libye, est lui attendu dimanche à Alger.