Algérie : aggravation de peine requise contre un chercheur et un journaliste déjà incarcérés

Le procureur de la Cour d'appel de Constantine, dans l'est de l'Algérie, a requis jeudi l'aggravation des peines à l'encontre d'un chercheur et d'un journaliste incarcérés depuis près de huit mois, a annoncé le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

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Algérie manifestation du Hirak

Des partisans du Hirak ce 9 avril 2021 manifestent contre le régime à Alger.

AP Photo/Anis Belghoul
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Raouf Farrah, un chercheur algéro-canadien de 36 ans, et Mustapha Bendjama, un journaliste de 32 ans, ont été condamnés en août en première instance à deux ans de prison ferme chacun.


Les deux hommes avaient fait appel de leur condamnation, espérant pouvoir être acquittés, mais jeudi, le procureur "a requis l'aggravation des peines", a rapporté le CNLD sur sa page Facebook.

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CNLD


"L'affaire est mise en délibérée pour le 26 octobre", a ajouté le comité.

Les deux hommes étaient poursuivis pour notamment "publication d'informations et de documents dont le contenu est classé partiellement ou intégralement secret, sur un réseau électronique ou d'autres moyens technologiques de médias".

Raouf  Farrah a également été condamné pour "réception de fonds d'institutions étrangères ou intérieures dans l'intention de commettre des actes qui pourraient porter atteinte à l'ordre public". Pour ce même motif, son père Sebti, 67 ans, a été condamné à un an d'emprisonnement avec sursis.

Mustapha Bendjama avait été arrêté le 8 février dans les locaux du journal francophone Le Provincial, basé à Annaba (est), dont il est le rédacteur en chef.

Selon des avocats et médias, les services de sécurité ont trouvé dans son téléphone la preuve de contacts entre MM. Bendjama, Farrah, d'autres personnes et l'ONG anti-corruption Global Integrity Index (GII).

Devant le juge, Mustapha Bendjama a expliqué avoir compilé, pour le compte de GII, "un rapport déclinant 54 indicateurs socio-économiques en contrepartie de 1.500 dollars". Cette collaboration ponctuelle lui avait été confiée par Raouf Farrah.

Mustapha Bendjama n'ayant pas de compte en devises, l'argent avait été versé sur le compte de M. Farrah, qui a fait remettre les 1.500 dollars convertis en dinars à M. Bendjama.

Celui-ci a reconnu en justice avoir enfreint la réglementation des changes.Chercheur-analyste de l'organisation Global Initiative Against Transnational Organized Crime (GI-TOC), Raouf Farrah avait été arrêté le 14 février.