Afrique

Algérie : ces jeunes diplômés qui n'attendent plus rien des élections

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(c) J. MUNTZER / V. PEREZ

L'Algérie doit élire un nouveau président en avril prochain. une centaine de candidatures a déjà été enregistré.
Dans le camp du président sortant Abdelaziz Bouteflika, on milite pour qu'il se représente à 5ème mandat. Mais chez les jeunes algériens, l'heure n'est plus aux pronostics mais plutôt à la fuite. Ils sont de plus en plus nombreux à vouloir migrer en Europe pour trouver du travail.


A l'hopital de Boufarik comme tous les joursles consultations s'enchainent pour les résidents. Des conditions de travaillent précaires, tant les moyens manquent. 
 
J'aimerais travailler dans des hôpitaux à l'étranger, parce qu'ils sont meilleurs que les nôtres. Il y a tellement de raisons; les équipements et fournitures hospitaliers sont meilleurs, je peux avoir une meilleure expérience et je peux revenir après.
Chahinaz, médecin 
Pour les médecins algériens comme pour beaucoup de professions qualifiées en algérie, les salaires bas et les perspectives bouchées donnent aux jeunes étudiants des envies d'ailleurs.
 
La seule solution que nous voyons en tant qu'étudiants est d'obtenir notre licence, de travailler un peu pour gagner de l'argent ou de contracter un prêt, puis de terminer nos études à l'étranger (...) Je veux étudier n'importe où à l'étranger, dans n'importe quel pays d'Europe, car les normes d'enseignement sont plus élevées et vous pouvez travailler avec un diplôme de la profession de votre choix.
Zakaria Rouane, étudiant en Chimie
Certains on du changer de carrière tout simplement. C'est le cas de Mohamed, il est diplomé en traduction, mais n'a pas trouvé d'emploi. Alors il prépare des zlabaya, des pâtisseries dans la rue.
 
Si je trouvais une opportunité à l'étranger, j'irais, mais pas de manière illégale. Je ne peux pas risquer cela, avec ma femme et ma fille, c'est impossible.
Mohamed Lamine, boulanger
Beaucoup de diplômés partent pour l'Europe ou les pays du Golfe. Cette fuite des cerveaux, le gouvernement n'y voit qu'un phénomène exagéré par la presse. 
Mais certains chiffres ne trompent pas : 4000 medecins ont déposé une demande de sortie du pays et 15 000 travaillent déjà en France.