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Algérie : la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme apprend sa dissolution par les réseaux sociaux

Des manifestants du Hirak, le mouvement pro-démocratie né en 2019, dans le rues d'Alger le 2 avril 2021.
Des manifestants du Hirak, le mouvement pro-démocratie né en 2019, dans le rues d'Alger le 2 avril 2021.
AP Photo/ Fateh Guidoum

La Ligue algérienne de défense des droits de l'homme (LADDH), ONG de défense des droits humains, proche du Hirak, le mouvement pro-démocratie vient d'apprendre sa dissolution par les réseaux sociaux. Cette dissolution selon les responsables de LADDH, dont la majorité sont aujourd'hui en exil en France ou en Belgique, a été décidée suite à un jugement rendu il y a six mois à leur insu et en leur absence en Algérie.

"À l'heure où je vous parle, ils sont en train de poser des scélés dans nos bureaux de Bejaia. C'est notre principale siège en Algérie, bien plus qu'à Alger", raconte effondré, joint par TV5MONDE, Saïd Salhi, vice-président de la LADDH. L'homme est depuis le mois de juin en exil à Bruxelles.
 

On a découvert, sur les réseaux sociaux, un jugement qui remonte déjà à juin 2022.  Seulement nous, à la LADDH, on n'a jamais reçu d'acte d'acte accusation. On a jamais été prévenu. Nous avons été absents lors du procès. Et nous n'avons jamais reçu de notification du verdict. Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, exilé en Belgique.

Toujours selon Saïd Salhi c'est le ministère de l'Intérieur qui avait saisi la justice reprochant à la Ligue son travail de plaidoyer en tant que ONG des droits humains, ses rapports envoyés aux organisations internationales et sa proximité avec le Hirak, le  mouvement citoyen pro-démocratie en Algérie. "Il nous reproche tout simplementd e défense des droits humains, des militants du Hirak devant et dans les tribunaux", ajoute Saïd Salhi.

Le pouvoir ne veut pas entendre de voix discordante. C'est dans ce sens que Radio M a été fermée tout comme aujourd'hui la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme.Saïd Salhi, vice-président de la LADDH, exilé en Belgique.

"On a découvert, sur les réseaux sociaux, un jugement qui remonte déjà à juin 2022.  Seulement nous, à la LADDH, on n'a jamais reçu d'acte d'acte accusation. On a jamais été prévenu. Nous avons été absents lors du procès. Et nous n'avons jamais reçu de notification du verdict", explique à TV5MONDE Saïd Salhi.

Lire : en Algérie, les défenseurs des droits humains doivent "choisir entre l'exil ou la prison"

"Le pouvoir nous reproche de faire une mauvaise publicité pour le pays au niveau international. Selon lui et je cite nous sommes des agens sionnistes (proche d'Israel) et des agents marocains", décrit le vice-président de la LADDH.

La Ligue algérienne de défense des droits  de l'homme a annoncé dans un communiqué vouloir faire appel de cette décision.

Le militant des droits humains doute d'une issue positive pour cette ONG de défense des droits humains. fondée dans les années 80 et qui avait pourtant survécu à la décennie noire (la période de la guerre civile dans les années 90). "Le pouvoir ne veut pas entendre de voix discordante. C'est dans ce sens que Radio M a été fermée tout comme aujourd'hui la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme", indique Saïd Salhi.

Lire : Algérie, avec la perquisition de Radio M, le pouvoir achève de museler la presse libre

Le journaliste Ihsane El-Kadi est toujours en détention provisoire. Il a été arrêté le 29 décembre) et son groupe de média, Radio M, a été fermé.