Afrique

Algérie : la mouvance islamiste divisée à l'approche de la présidentielle

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TV5MONDE

Il reste un mois aux prétendants désireux de concourir à la présidentielle en Algérie prévue le 18 avril 2019. Plus de cent candidatures déjà. Et on peut compter sur le MSP, principal parti islamiste du pays. Ce n'est pas la seule formation islamiste qui se présente. Toutes n'ont pas la même position.

En Algérie, Abdelaziz Bouteflika briguera-t-il un cinquième mandat ? À moins de trois mois du scrutin présidentiel, le suspense divise la classe politique nationale.
Le MSP, principal parti de la mouvance islamiste a pour sa part choisi de présenter un candidat. La formation soutenait la coalition gouvernementale de 1999 jusqu'au début des années 2010, mais elle avait boycotté les dernières élections de 2014.
 

Je serai le candidat du consensus, celui qui réunira les Algériens, qui trouvera les solutions et proposera des visions économiques. Je serai celui qui sauvera le pays des dangers qui le menacent.

Abderrazak Mokri, président du MSP

Si le MSP a clairement choisi le camp de l'opposition, au sein de la mouvance islamiste toujours, El Islah fait le chemin inverse. En 2014, la formation faisait partie de la plateforme ayant refusé de reconnaître la réélection d'Abdelaziz Bouteflika. Aujourd'hui, elle soutient son éventuelle candidature.
 

Notre choix est clair, nous sommes avec le président Abdelaziz Bouteflika, c'est l'homme de la situation, car nous sommes persuadés qu'avec son expérience et sa sagesse, [...] il est difficile de trouver quelqu'un qui a toutes ces qualités.

Filali Ghouini, président du mouvement El Islah

D'autres encore ne croient pas en la crédibilité du scrutin et ont d'ores et déjà fait le choix du boycott. C'est le cas notamment d'Abdellah Djaballah et du Front pour la justice et le développement. Occupant la scène politique depuis les années 1980, il est aujourd'hui désabusé.

"Concernant mon éventuelle candidature, je vous dis que - moi - j'ai essayé plusieurs fois... Et comment voulez-vous que j'essaie à nouveau alors que je sais pertinemment que les élections ne seront ni libres ni transparentes. Je ne veux pas être un personnage dans une pièce théâtrale", assure Abdellah Djaballah, président du parti Front pour la Justice et du Développement.

Si d'autres partis ont déjà décidé de bocoytter cette présidentielle, on compte par ailleurs près d'une centaine de personnalités ayant affiché leur volonté de se présenter au scrutin. Ceux qui souhaitent le faire ont en tout cas jusqu'au 3 mars 2019, minuit, pour déposer leur candidature.