Algérie : l'artiste Djamila Bentouis détenue pour un chant de soutien au Hirak (ONG)

Une artiste franco-algérienne, Djamila Bentouis, est en détention depuis début mars en Algérie pour "appartenance à une organisation terroriste" en lien avec une chanson qu'elle avait composée pendant le mouvement de contestation du Hirak. c'est ce qu'a indiqué ce premier avril une ONG algérienne de défense des droits humains.

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Manifestation pro Hirak dans les rues d'Algérie

Images d'archives. Images de manifestation du Hirak le 9 avril 2021 dans les rues d'Alger. 

 

 

AP Photo/Anis Belghoul
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Djamila Bentouis, 60 ans, mère de trois enfants, était venue de France faire ses adieux à sa mère mourante et a été interrogée à son arrivée à l'aéroport d'Alger le 25 février puis de nouveau les jours suivants. Elle a ensuite été placée en détention le 3 mars. C'est ce qu'a précisé la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme LADDH, sur sa page Facebook.

La détention de Djamila Bentouis a également été rapportée par le Comité national de défense des détenus (CNLD).

Selon ces sources, l'incarcération de Djamila Bentouis a été confirmée le 13 mars. Elle est poursuivie pour "appartenance à une organisation terroriste active à l'intérieur et à l'extérieur du pays", "atteinte à la sécurité et à l'unité nationale" et "incitation à attroupement non armé".

 

 

"Ces accusations s'appuient sur des interprétations des paroles de la chanson qu'elle a écrite et chantée pendant les manifestations de solidarité au Hirak en Algérie", qui "dénonçait les arrestations et la répression qui s'était abattue sur les activistes", ont souligné les deux ONG.

Selon le site d'information Radio-M, "l'affaire Djamila Bentouis illustre une fois de plus la sévère répression qui s'abat sur les voix dissidentes en Algérie".

La "kyrielle d'inculpations sévères (à son encontre, ndlr) repose sur une bien mince assise: les paroles d'une chanson", a estimé Radio-M. 

228 personnes en lien avec le Hirak encore détenues 

Deux rapporteurs des Nations unies ont effectué des visites en Algérie en septembre et décembre 2023, réclamant à chaque fois une révision de l'article 87 relatif aux actes terroristes, sur la base duquel Djamila Bentouis est détenue.

Le Hirak avait démarré en février 2019 par des manifestations pacifiques s'opposant à une cinquième candidature du président Abdelaziz Bouteflika (déchu en avril 2019 et décédé en septembre 2021), avant de s'élargir à des revendications de réformes politiques et de libertés accrues

Intensification de la répression selon Amnesty International 

En février, Amnesty International a dénoncé une intensification de "la répression de la dissidence pacifique" en Algérie, appelant à "libérer toutes les personnes détenues uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, de réunion pacifique et d'association".

Selon le CNLD, 228 personnes en lien avec le Hirak ou la défense des libertés individuelles, sont encore emprisonnées en Algérie.