Algérie : Ramtane Lamamra remplacé par Ahmed Attaf en tant que ministre des Affaires étrangères

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a nommé ce 16 mars un nouveau ministre des Affaires étrangères en remplacement du chevronné Ramtane Lamamra dans le cadre d'un remaniement ministériel qui concerne une dizaine de fauteuils. 
 
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Le ministre des Affaires étrangères Ramtane Lamamra lors du sommet de la Ligue arabe à Alger le 2 novembre 2022.
Le ministre des Affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra lors du sommet de la Ligue arabe à Alger le 2 novembre 2022. Il vient d'être remplacé par Ahmed Attaf.
© AP Photo/Anis Belghoul
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Ramtane Lamamra, 71 ans, en poste depuis juin 2021 après un premier passage à la tête de la diplomatie algérienne entre 2013 et 2017, a été remplacé par Ahmed Attaf, qui retrouve à 69 ans un ministère qu'il avait dirigé entre 1996 et 1999.

Ahmed Attaf, un diplomate de carrière, s'est formé à l'École nationale d'administration ENA d'Alger, comme le président Tebboune.

Nomination sur fond de tensions avec le Maroc

Sa nomination survient dans un contexte de vives tensions avec le Maroc voisin, en particulier sur la question du territoire disputé du Sahara occidental.

Ce conflit oppose le Maroc au front Polisario, soutenu par l'Algérie, depuis le désengagement en 1975 de l'Espagne, l'ancienne puissance coloniale. Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination sous l'égide de l'ONU tandis que Rabat promeut une autonomie sous sa souveraineté.

RE(voir) : Sahara occidental : où en est le Front Polisario ?
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Le 13 mars, le journal Le Matin d'Algérie s'était interrogé sur l'absence de Ramtane Lamamra lors d'une importante visite de deux jours à Alger, les 12 et 13 mars, du chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
 


"C'est pourtant à lui (Lamamra, ndlr) que revenait la charge de l'accueillir" à Alger, rappelait Le Matin, en s'interrogeant sur d'éventuels "problèmes de santé" du ministre, une "disgrâce" ou des désaccords avec le président Tebboune.

Le journal avait rappelé les efforts de Ramtane Lamamra pour "redonner quelque lustre à une diplomatie moribonde héritée de (Abdelaziz) Bouteflika", l'ancien président qui a dirigé l'Algérie pendant 20 ans jusqu'à sa démission au printemps 2019 sous la pression du mouvement prodémocratie Hirak.

11 remaniements

Au total, le remaniement a touché 11 ministères dont celui des Finances où le directeur du budget Laaziz Fayed remplace Brahim Djamel Kessali.

Au ministère du Commerce, Kamel Rezig, qui avait échappé depuis janvier 2020 aux divers remaniements effectués par Tebboune depuis son élection en décembre 2019, va céder son fauteuil à Tayeb Zitouni, ancien maire d'Alger et PDG de la société des foires et salons Safex.

Le président algérien a nommé Ali Aoun à la tête d'un ministère regroupant l'Industrie et la Production pharmaceutique, à la place de Ahmed Zeghdar.

Au ministère de la Jeunesse et des sports, l'ex-président du Comité olympique algérien Abderrahmane Hammad succède à Abderezak Sebgag, et au ministère des Transports, Youcef Chorfa, un ancien ministre du Travail, prend la place de Kamel Beldjoud. Au ministère de l'Environnement, Faiza Dahleb succède à Samia Moualfi.

Abdelmadjid Tebboune a aussi nommé au poste de directeur de cabinet à la présidence Mohamed Nadir Larbaoui, ancien représentant de l'Algérie à l'ONU. Son prédécesseur, Abdelaziz Khellaf devient ministre d'État, conseiller auprès du président.

Le dernier remaniement opéré par le président Tebboune au sein du gouvernement du Premier ministre Aimene Benaderrahmane datait de septembre quand il avait nommé au ministère de l'Intérieur Brahim Merad, à la place de Kamel Beldjoud désigné alors au ministère des Transports.