Au Sénégal, nouveau coup dur judiciaire pour l'opposant Ousmane Sonko

La Cour suprême sénégalaise a confirmé, tard dans la soirée ce jeudi 4 janvier, la condamnation de l'opposant emprisonné Ousmane Sonko à six mois de prison avec sursis pour diffamation. Une peine largement perçue comme le rendant inéligible pour la présidentielle du 25 février prochain.

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Ousmane Sonko en mai 2023

Le leader de l'opposition sénégalaise Ousmane Sonko, le 24 mai 2023, à Ziguinchor, la "capitale" de la Casamance, dont il est le maire.

AFPTV
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L'annonce a été faite par le juge Abdourahmane Diouf et confirmée par deux avocats de l'opposant, candidat déclaré à la présidentielle et personnage central d'un bras de fer de plus de deux ans avec l'Etat qui a donné lieu à plusieurs épisodes de troubles meurtriers.

"On a confirmé la peine et les dommages et intérêts. Sonko à perdu sur toute la ligne. Il est maintenant totalement interdit de participer à une élection", a réagi après la décision l'avocat de l'Etat, El Hadji Diouf.

Les avocats de M. Sonko ont esquivé la question concernant l'éligibilité de leur client. Le Conseil constitutionnel devrait trancher la question prochainement, lors de la publication de la liste officielle des candidats le 20 janvier.

Ousmane Sonko, 49 ans, troisième lors de la présidentielle de 2019, est poursuivi par le ministre du Tourisme Mame Mbaye Niang pour "diffamation, injures et faux".

Après plus de douze heures de débats, la Cour suprême a confirmé la peine donnée en appel de six mois de prison avec sursis et 200 millions de francs CFA (300.000 euros) de dommages et intérêts, ce qui compromet fortement les chances de l'opposant de participer au scrutin présidentiel.

La décision de la Cour suprême clôture cette affaire.

Estimant que "Dieu est le meilleur des stratèges", le porte-parole du PASTEF, le parti d'Ousmane Sonko, a livré sa réaction sur le réseau social X.

El Malick Ndiaye n'y voit pas une exclusion de Sonko de la course à la présidentielle.

 

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La candidature d'Ousmane Sonko est, depuis plusieurs mois, ponctuée de décisions de justice que ses partisans considèrent comme un acharnement destiné à l'éliminer politiquement.

Il y a moins d'un mois, mi-décembre, le camp de Sonko avait ainsi retrouvé l'espoir en une candidature de son chef de file après qu'un juge a ordonné sa réinscription sur les listes électorales, confirmant une décision rendue en octobre par le tribunal de Ziguinchor (Sud) qui avait été cassée par la Cour suprême.

Il a été investi dimanche 31 décembre par sa coalition pour la présidentielle dans un lieu privé, à huis clos, après l'interdiction par les autorités du meeting public prévu samedi.

Malgré le refus de l'administration de délivrer à M. Sonko les documents nécessaires, l'opposant a fait déposer son dossier de candidature au Conseil constitutionnel. Son mandataire doit passer ce vendredi 5 janvier devant la commission de contrôle des parrainages de la juridiction.

Mercredi, cet organe a validé le dossier d'Habib Sy, un candidat du même bord politique que M. Sonko, qui a promis de se désister si le leader de sa formation peut se présenter.

Habib Sy, le troisième candidat officiel du Pastef ?

Pour éviter le risque de n'être pas représenté lors de la présidentielle sénégalaise, un 3e candidat a été parrainé par le Pastef d'Ousmane Sonko en la personne de l'ex-ministre Habib Sy. Sa candidature a franchi le cap des parrainages devant le Conseil constitutionnel puisqu'elle a bénéficié de ceux de 11 députés du Pastef sur les 13 nécessaires, selon Jeune Afrique.

Le parti d'Ousmane Sonko officiellement interdit peut compter aussi sur la candidature de son secrétaire général Bassirou Diomaye Faye présenté comme son "plan B". Ce dernier, qui est également emprisonné, a choisi d'être parrainé par voie populaire plutôt que parlementaire. Après examen de son dossier jeudi, Bassirou Diomaye Faye, doit régulariser sa situation concernant ses parrainages pour participer au scrutin.

Cette affaire est une opération de liquidation politique d'un adversaire. Me Massokhna Kane, avocat d'Ousmane Sonko
"Ce procès est la balle de match. On est tenus par les délais", avait déclaré à l'audience Me Cheikh Koureyssi Ba, l'un des conseils de l'opposant.

"Cette affaire est une opération de liquidation politique d'un adversaire, avec un chronogramme où on compte les jours pour dire que telle personne ne participera pas à l'élection présidentielle. Monsieur le président, j'espère que cette commande politique ne passera pas devant vous", avait estimé Me Massokhna Kane, en clôturant la plaidoirie des avocats de M. Sonko.

Dans une autre procédure, M. Sonko a été déclaré coupable le 1er juin de débauche de mineure et condamné à deux ans de prison ferme. L'opposant ne s'était pas présenté au procès et a été condamné par contumace. 

L'homme de 49 ans est emprisonné depuis fin juillet sous d'autres chefs d'inculpation, dont appel à l'insurrection, et dénonce toutes ces affaires comme des complots visant à l'écarter de la présidentielle.

La personnalité de M. Sonko divise. Son discours souverainiste, panafricaniste et social, ses diatribes contre les élites, la corruption et l'emprise économique et politique exercée selon lui par l'ancienne puissance coloniale française, lui valent une forte adhésion parmi les jeunes.

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