Afrique

Barrages de la Coupe du monde (zone Afrique) : quels enseignements ?

AI / Reuters / Panoramic

L'Afrique est fixée sur l'identité des cinq équipes qui représenteront le continent à la Coupe du monde 2022, en fin d'année au Qatar. Avant le tirage au sort, vendredi soir, retour sur ces barrages porteurs de nombreux enseignements.

Inoxydable Cameroun


Ne jamais enterrer le Cameroun. Battus chez eux lors de la manche aller (0-1), les Lions Indomptables sont allé chercher la qualification pour le Mondial 2022 sur la pelouse de l'Algérie. Une poignée de minutes après avoir encaissé une égalisation potentiellement fatale, les hommes de Rigobert Song ont jeté ce qu'il restait de forces dans une dernière attaque. Un long ballon de Collins Fai dans la surface algérienne, des Fennecs qui oublient de remonter pour jouer le hors-jeu, et Karl Toko Ekambi jaillit pour marquer un but de qualification.

Mal embarqués, les récents médaillés de bronze de la CAN retrouvent la Coupe du Monde huit ans après leur dernière participation et joueront au Qatar la huitième phase finale de l'histoire du pays... et de l'ère Paul Biya, qui a pesé dans la nomination de « Grand Magnan » sur le banc national. Le Ghana et la Tunisie avaient eux aussi fait le choix, risqué, de changer de sélectionneur à l'issue de la CAN. les décisions de nommer les ex-adjoints Otto Addo et Jalel Kadri se sont avérées payantes : les Black Stars ont sorti un Nigeria mentalement inconsistant à la faveur du but marqué à Abuja par Thomas Partey (0-0, 1-1), tandis que les Aigles de Carthage bonifiaient devant leur public leur victoire à Bamako (0-1, 0-0) sans forcer leur talent.

Fortunes diverses pour les mondialistes sortants


La Tunisie, qui participera à sa sixième Coupe du monde, fait partie des équipes les plus régulières du plateau continental. On peut lui ajouter le Maroc, qui a tangué à Kinshasa avant de dérouler à Casablanca (1-1, 4-1), et le Sénégal, qui a de nouveau déjoué les plans défensifs de l'Egypte (0-1, 1-0) grâce aux tirs au but. Une séance épique, la deuxième en moins de deux mois entre Lions de la Teranga et Pharaons. Après avoir remporté leur première CAN, les hommes d'Aliou Cissé se qualifient pour leur deuxième phase finale de Coupe du monde consécutive.

En manque de plans B, l'Égypte se sera trop reposée sur sa solidité défensive. Une stratégie hasardeuse qui ne met pas l'équipe à l'abri de tirs au but ratés. Et les récriminations de la Fédération égyptienne de football (EFA), qui a dénoncé le caillassage de son bus, des slogans jugés racistes à l'encontre de ses joueurs et des lasers dirigés sur eux pendant la rencontre, ne changeront sans doute rien à l'affaire : c'est le Sénégal qui sera l'un des cinq représentants africains en fin d'année au Qatar.

Des sélections en crise


Les équipes éliminées vont devoir surmonter la déception et se projeter sans tarder sur la suite du copieux programme qui leur est réservé. En juin prochain débutent les éliminatoires de la CAN 2023, programmée en été en Côte d'Ivoire. Certaines vont devoir se chercher un nouveau sélectionneur. C'est le cas de l'Egypte, qui a vu Carlos Queiroz présenter sa démission après le revers subi à Diamniadio. Déjà encadré par un comité composé d'anciens joueurs, le sélectionneur du Mali, Mohamed Magassouba, va avoir bien du mal à sauver sa tête. Inconsolable après la cruelle élimination de ses Fennecs, Djamel Belmadi réserve sa réponse quant à son avenir sur le banc algérien.

Désireux d'éviter une décision à chaud, le coach champion d'Afrique 2019 va certainement consulter, notamment ses joueurs cadres, avant de se prononcer. Le doute n'épargne pas les pays qualifiés. Au Maroc, Vahid Halilhodzic se trouve confronté à la fronde d'une partie de la presse et du public, qui l'a copieusement sifflé avant le match retour contre la RDC. Au cœur des griefs, la refus persistant du Franco-Bosnien de retenir Hakim Ziyech, susceptible selon lui d' « exploser » le groupe. Coach Vahid résistera-t-il à la pression ? C'est l'un des enjeux des semaines et des mois à venir en Afrique.