Bénin: attaque dans un parc national, 7 soldats tués

Image
Le parc national de la Pendjari, le 12 janvier 2018 au Bénin

Le parc national de la Pendjari, le 12 janvier 2018 au Bénin

AFP/Archives
Partager3 minutes de lecture

Sept soldats ont été tués mardi par des hommes armés non identifiés dans le parc national de la Pendjari, dans le nord du Bénin, où le pays est confronté à une menace croissante d'attaques attribuées aux jihadistes.

Un responsable de l'armée a annoncé mercredi à l’AFP la mort de "sept personnels des forces armées béninoises". Une autre source sécuritaire a confirmé l'information.

Ces deux sources, qui s'exprimaient sous couvert de l’anonymat, n'ont pas donné dans l'immédiat de détails sur les circonstances de l’attaque.

Le parc national de la Pendjari, qui s'étend sur quelque 5.000 km le long de la frontière avec le Burkina Faso, est l'un des derniers sanctuaires de la vie sauvage en Afrique de l'Ouest.

Les attaques dans le nord du Bénin ont augmenté ces dernières années et sont attribuées par les autorités à des combattants jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et d'Al-Qaïda venus des pays voisins où ils prospèrent.

La région frontalière avec le Burkina Faso reste l’épicentre de ces attaques.

Tensions avec le Niger

En mai dernier, l'armée béninoise avait annoncé avoir tué huit jihadistes dans le nord du pays.

En mai 2023, une quinzaine de personnes ont été tuées par des hommes armés dans deux localités proche du parc de la Pendjari.

En mai 2019, deux Français, Patrick Picque et Laurent Lassimouillas, qui effectuaient un safari au Bénin, avaient été enlevés dans le parc national de la Pendjari. Leur guide béninois avait été tué lors de leur enlèvement.

Les deux Français ont été libérés une semaine plus tard par les forces spéciales françaises en même temps qu'une Sud-Coréenne et une Américaine prisonniers depuis 28 jours.

Deux soldats français ont perdu la vie au cours de l'opération.

La frontière avec le Niger est récemment aussi devenue une source d’inquiétude, notamment depuis le renversement du président nigérien Mohamed Bazoum par les militaires en juillet 2023, au point de devenir un sujet de tensions entre les deux pays.

Les militaires au pouvoir au Niger, qui ont contraint les militaires français à quitter le pays, accusent le Bénin d'abriter des "bases militaires françaises" près de la frontière entre les deux pays dans le but d'"entraîner des terroristes qui doivent venir déstabiliser notre pays".

Le Bénin et le chef d'Etat-major des armées françaises ont toujours démenti ces accusations.

- Soldats aux frontières -

Les autorités béninoises, qui ne communiquent que très rarement sur ces attaques, faisaient état en avril 2023 d'une vingtaine d'incursions transfrontalières depuis 2021.

En janvier 2022, le Bénin a déployé près de 3.000 soldats pour sécuriser ses frontières dans le cadre d'une opération baptisée "Mirador".

Les autorités béninoises ont également entamé il y a quelques mois le recrutement de 5.000 soldats supplémentaires pour renforcer la sécurité dans le nord.

Fin avril, l'Union européenne a annoncé débloquer 47 millions d'euros, notamment via l'achat de matériel et d'équipements, pour soutenir le Bénin dans sa lutte anti-terroriste.

Le Ghana et le Togo, pays voisins au Bénin subissent également depuis quelques années des attaques jihadistes sur leur territoire.