Afrique

Bilan de la COP15: restaurer un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici 2030

Un bovin qui souffre des effets de la sécheresse, en Éthiopie. <br />
Comment restaurer les terres dégradées qui sont de moins en moins fertiles ? C’est l’un des principaux enjeux de la COP15 qui vient de se tenir à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Photo d'illustration. AP/Elias Meseret<br />
 
Un bovin qui souffre des effets de la sécheresse, en Éthiopie. 
Comment restaurer les terres dégradées qui sont de moins en moins fertiles ? C’est l’un des principaux enjeux de la COP15 qui vient de se tenir à Abidjan, en Côte d’Ivoire. Photo d'illustration. AP/Elias Meseret
 

Cet engagement fait partie d'une série de décisions prises après onze jours de travaux de la COP15 à Abidjan en Côte d'Ivoire. 196 pays étaient réunis pour tenter de s’accorder sur des objectifs communs en matière de lutte contre la désertification.

La 15e Conférence des parties de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification s'est achevée vendredi 20 mai à Abidjan, en Côte-d'Ivoire. Dans sa déclaration finale, les participants se sont engagés à "accélérer la restauration d'un milliard d'hectares de terres dégradées d'ici à 2030". La COP15 s'était ouverte le 9 mai en présence de neuf chefs d'Etat africains, qui avaient mis en avant les effets négatifs de la sécheresse et de la désertification pour leur continent et "l'urgence" d'y remédier.

A (re) voir: La COP15 à Abidjan est-elle utile ?

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"Il y a une obligation de résultats"

La COP15 s'engage aussi à "renforcer la résilience face à la sécheresse en identifiant l'expansion des zones arides". Et  à "combattre les tempêtes de sable et de poussière et d'autres risques de catastrophes croissantes". Ou bien encore à "s'attaquer aux migrations forcées et aux déplacements provoqués par la désertification et la dégradation des terres".

Si on restaure les terres, on réduit les émissions (de CO2) et on les  ramène dans le solIbrahim Thiam, le secrétaire exécutif  de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification

Ibrahim Thiam, le secrétaire exécutif  de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification, a souligné l'importance de la restauration des terres dégradées dans la lutte contre le dérèglement climatique. "Si on restaure les terres, on réduit les émissions (de CO2) et on les  ramène dans le sol".

Alain Richard Donwahi, nouveau président de la COP15, s'est engagé "à accélérer la mise en oeuvre des décisions prises", car "il y a une obligation de résultats" de la part de toutes les parties prenantes.

Le Premier ministre ivoirien, Patrick Achi, a pour sa part invité  "toutes les parties à faire preuve d’efficacité et de célérité dans la mise en œuvre des projets déjà identifiés et de ceux qui émergeront demain".

Pour Emmanuel Macron, "des solutions existent"

L'hôte du sommet, le président ivoirien Alassane Ouattara, avait ainsi souligné que la conférence se tenait "dans un contexte d’urgence climatique qui impacte durement nos politiques de gestion des terres et exacerbe le phénomène de sécheresse".

Le président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi, avait lui noté "l'allongement des saisons sèches" en Afrique et "l'avancée des déserts du Sahara et du Kalahari".

Dans un message vidéo, le président français Emmanuel Macron avait pour sa part estimé que "la désertification a le visage de plus de 3,2 milliards de personnes qui vivent sur des terres dégradées, partout dans le monde. Il y a urgence à agir". "La désertification et la dégradation des terres ne sont pas une fatalité. Ces crises ne sont pas irréversibles et des solutions existent".

Pour Conception Alvarez, journaliste à Novethic et interrogé par TV5 Monde, même si "cela n'avance pas assez vite", "c’est la première fois qu’on parle d’agroécologie, qui est un levier pour protéger les terres, sur une journée entière". "C’est un événement politique qui ne va pas changer la donne du jour au lendemain. Mais cela fixe des caps. Et permet aux états de venir rendre des comptes. Et à nous journalistes, société civile, de venir rappeler ces objectifs aux Etats".