Burkina Faso : au moins 20 civils tués après l’attaque d’une mine d’or artisanale dans le nord

Une vingtaine de personnes ont été tuées dans la nuit de jeudi à vendredi dans l'attaque d'une mine d'or artisanale située à Bouroum dans le nord du Burkina Faso. Des témoins assurent qu'il s'agit d'une attaque à main armée. 

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L'attaque d'une mine d'or à Kougdiguin sur la commune de Bouroum au Burkina Faso a fait au moins 20 morts.
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"Plusieurs dizaines d'hommes armés à bord de motocyclettes ont attaqué le site d'orpaillage de Kougdiguin" près de Barga. Cette petite localité de la commune rurale de Bouroum, dans la province du Namentenga, selon un habitant.

Il explique : "malheureusement, on a enregistré une vingtaine de morts et autant de blessés". Selon ses informations, les victimes ont été évacuées vers le Centre hospitalier régional (CHR) de Kaya, chef-lieu de la région du Centre-nord où l'attaque s'est produite.

Des individus armés suspectés

Un autre habitant a confirmé ce bilan, parlant de 22 morts et précisant que les auteurs de l'attaque "sont des individus armés". Le témoin affirme qu'ils ont "ouvert le feu sur les orpailleurs sans distinction". "On enregistre des femmes et des enfants parmi les victimes" a-t-il dit. Les personnes décédées ont pu être inhumées dans la journée de vendredi. 

Une source hospitalière du CHR jointe par l'AFP a indiqué avoir reçu une dizaine de blessés. D'autres ont été admis dans plusieurs autres centres de santé.

Des groupes djihadistes très actifs dans la région

Le 12 mars, onze personnes avaient été tuées dans l'attaque d'une mine d'or artisanale à Baliata, une localité située sur l'axe Dori, chef-lieu de la région du Sahel, également dans le nord du Burkina.

Deux jours plus tôt, une attaque similaire avait visé une mine d'or sauvage de Tondobi, une localité de la commune de Seytenga, près de la frontière nigérienne, faisant une dizaine de morts, selon des sources sécuritaire et locales.

Au total depuis trois semaines, près de 80 civils et militaires ont été tués dans des attaques attribuées à des groupes armés djihadistes.

Le gouvernement prêt à dialoguer avec les groupes armés

"La recrudescence des attaques terroristes ces derniers temps ne peut pas et ne doit pas être lue comme le signe de l'inaction ou de l'inefficacité de ce que nous sommes en train de déployer sur le terrain", a affirmé vendredi le président par intérim du Burkina Faso, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, auteur d'un coup d'Etat le 24 janvier.

Il a annoncé la création de comités locaux de dialogue avec les groupes armés qui auront pour but "d'aménager des passerelles pour permettre à ceux qui par naïveté, par appât du gain, par contrainte ou par désir de vengeance, ont été entrainés dans une spirale extrémiste".

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Comme ses voisins malien et nigérien, le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des mouvements armés djihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés.