Afrique

Burkina Faso : des militaires ont pris le pouvoir. La situation en direct

Des militaires annoncent "avoir mis fin au pouvoir" du président Kaboré à la télévision nationale.
Des militaires annoncent "avoir mis fin au pouvoir" du président Kaboré à la télévision nationale.
Capture d'écran.
Des militaires annoncent "avoir mis fin au pouvoir" du président Kaboré à la télévision nationale.
Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré a été arrêté (Archive)

EN DIRECT - Un coup d'État a eu lieu au Burkina Faso. Des militaires ont démis le président Kaboré de ses fonctions. À la télévision, ils ont annoncé la suspension de la Constitution. Les événements ont débuté par une série de mutineries dans plusieurs camps militaires, dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 janvier 2022.

(Mar.) 19h : "Nouvelle ère de décolonisation" pour les Russes

D'autres États ou organisation se sont joints à ces déclarations. L'organisation G5 Sahel (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso et Tchad), dont la présidence est actuellement assurée par le Tchad, a condamné "énergiquement cette tentative d’interruption de l’ordre constitutionnel". Le Royaume-Uni ou l'Afrique du Sud qui ont appelé au "dialogue" et au retour de la démocratie.

De leur côté, certains Russes se réjouissent. L'homme d'affaires Evguéni Prigojine, réputé proche de Vladimir Poutine et soupçonné d'être lié au groupe paramilitaire Wagner, a salué le putsch comme le signe d'une "nouvelle ère de décolonisation" en Afrique.

Alexandre Ivanov, l'un des représentants des "instructeurs" russes en Centrafrique a lui aussi loué sur Twitter les putschistes de Ouagadougou. Il estime dans ce communiqué que la France n'avait obtenu "aucun succès" dans la lutte antiterroriste dans la région. 

 

16h25 : la Cédéao et l'Onu condamnent le coup d'État

La Communauté des Etats ouest-africains (Cédéao) a "fermement" condamné mardi "le coup d'Etat militaire" au Burkina Faso et "la démission" du président Roch Marc Christian Kaboré "obtenue sous la menace".

De son côté, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a affirmé mardi à propos du Burkina Faso que "les coups d'Etat militaires étaient inacceptables", en réclamant aux militaires en Afrique de l'Ouest de "défendre leur pays, pas d'attaquer leurs gouvernements".

15h20 : réouverture des frontières aériennes à partir de ce mardi

Les frontières aériennes du Burkina Faso, fermées depuis lundi lors de la prise du pouvoir par une junte militaire, vont rouvrir à compter de ce mardi, selon un communiqué des militaires lu à la télévision nationale

13h : le calme est revenu sur la place de la Nation

Le calme est revenu sur la place de la Nation. Les manifestants ont affiché leur soutien aux militaires. Ils ont également brandi des drapeaux russes et des slogans hostiles à la France et à la présence militaire française dans le pays.

DR
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11h : manifestation dans la capitale en faveur des militaires.

Des centaines de manifestants se sont rassemblés dans le centre de la capitale pour afficher leur soutien aux militaires qui ont pris le pouvoir. C'est ce qu'a constaté notre correspondante.


9h30 : Emmanuel Macron condamne le coup d'État

Le président français Emmanuel Macron a annoncé qu'il condamnait le coup d'État militaire au Burkina Faso.  "J'ai eu de premiers échanges avec les dirigeants de la région, j'en aurai dans les prochains jours", a déclaré Emmanuel Macron en marge d'un déplacement dans le Limousin.

"Très clairement, comme toujours, nous sommes au côté de l'organisation régionale qu'est la Cédéao pour condamner ce coup d'Etat militaire", a-t-il poursuivi.

9h : une lettre de démission publiée sur la RTB

La Radiodiffusion Télévision du Burkina a publié sur ses réseaux sociaux une lettre manuscrite, qui serait la lettre de démission du président Roch Marc Christian Kaboré. Cependant, il est difficile pour le moment de prouver l'authenticité de cette lettre.

 (Lun.) 20h: couvre feu instauré par les militaires

Un couvre-feu est instauré de 21h00 à 5H00 (locales et GMT) sur le tout le territoire selon le communiqué du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, commandant de la 3è région militaire.


18h30 : les militaires annoncent la fermeture des frontières et la suspension de la constitution

Un capitaine a également annoncé la fermeture des frontières à compter de 00h00 (GMT et locales), la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale, ainsi que la suspension de la Constitution.

18h : des militaires annoncent sur la télévision nationale avoir "mis fin au pouvoir" du président Kaboré.

Des militaires burkinabés annoncent sur la télévision nationale "avoir mis fin" au pouvoir du président Kaboré. "Cette décision" doit permettre de remettre le pays "sur le bon chemin".

Lisant un communiqué signé du lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, président du Mouvement patriotique pour la sauvegarde et la restauration (MPSR) qui assure désormais le pouvoir. Un capitaine a également annoncé la fermeture des frontières à compter de 00h00 (GMT et locales), la dissolution du gouvernement et de l'Assemblée nationale, ainsi que la suspension de la Constitution.
 

Des militaires burkinabés annoncent à la télévision nationale avoir pris le pouvoir.
Des militaires burkinabés annoncent à la télévision nationale avoir pris le pouvoir.
Capture d'écran.

17h30 : L'Union européenne et Washington demandent la libération "immédiate" du président du  Kaboré

L'Union européenne a appelé lundi à la libération "immédiate" du président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, dont des sources sécuritaires ont annoncé qu'il était détenu par des soldats qui se sont mutinés. Les Etats-Unis ont appelé lundi l'armée du Burkina Faso à la "libération immédiate" du président Roch Marc Kaboré et à "respecter la Constitution" et "les dirigeants civils" du pays.
 

17h : le parti du président Kaboré dénonce une "tentative avortée d'assassinat" du président

Le parti du président du Burkina Faso, Roch Marc Kaboré, a dénoncé lundi une "tentative avortée d'assassinat" du chef de l'Etat, dont le sort restait peu clair après la mutinerie de soldats dans plusieurs casernes du pays.

Alors que le Burkina "s'achemine d'heure en heure vers un coup de force militaire", le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) dénonce également dans un communiqué "le saccage du domicile privé du chef de l'Etat" et "la tentative d'assassinat d'un ministre" dont il ne précise pas le nom.

16h : l'Union africaine condamne la "tentative de coup d'État".

L'Union africaine condamne la "tentative de coup d'État" au Burkina Faso. Elle se joint à la condamnation de la Cédéao. L'Union africaine appelle les différentes parties du pays" à dialoguer".

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15h30 : la Cédéao suit "avec une grande préoccupation" la situation au Burkina.


L'organisation suit "avec une grande préoccupation" l'évolution de la situation "caractérisée par une tentative de coup d'Etat", selon son communiqué. Elle "tient les militaires responsables de l'intégrité physique du président Roch Marc Christian Kaboré."

15h : le compte officiel twitter du président Kaboré demande aux mutins de déposer les armes

Le compte officiel du président Kaboré demande aux soldats mutins de déposer les armes. La situation reste tres confuse sur le sort du président Kaboré.


14h : une situation toujours confuse

Serge Daniel, correspondant de RFI au Mali, affirme que le président Kaboré n'a pas été arrêté par les soldats. Les soldats mutins sont fortement présents dans la capitale

 


12h : aucune annonce officielle sur le sort de Kaboré.

La situation reste confuse au Burkina Faso. Aucune annonce officielle n'a eu lieu sur le sort du président Kaboré. La population attend la diffusion d'un communiqué. Les précisions de notre correspondante.
 

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10h30 : le président du parlement serait également détenu.

Le président Kaboré, le chef du Parlement (Alassane Bala Sakandé) et des ministres sont effectivement aux mains des soldats" à la caserne Sangoulé Lamizana de Ouagadougou, a déclaré à l'AFP une source sécuritaire, information confirmée par une autre source des services de sécurité

10h : Confusion sur le sort du président Kaboré

Notre correspondante Fanny Noaro-Kabré est en direct de Ouagadougou dans le journal de 10h TU (même heure au Burkina Faso). La situation reste confuse selon notre correspondante. La foule se presse devant le siège de la télévision nationale et attend un communiqué qui permettrait de clarifier la situation.

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9h30 : Le président Kaboré arrêté et détenu

Le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré est aux arrêts. Plusieurs sources sécuritaires le rapportent ce lundi 24 janvier au matin dans différents médias internationaux, dont TV5MONDE.

Des soldats se sont mutinés dimanche dans plusieurs casernes du Burkina Faso pour réclamer le départ des chefs de l'armée et des "moyens adaptés" à la lutte contre les jihadistes qui frappent ce pays depuis 2015.

Cette nuit, des tirs avaient été entendus à Ouagadougou près de la résidence du président Roch Marc Christian Kaboré, ont rapporté des habitants à l'AFP.
Des tirs d’une grande intensité ont également été entendus par des résidents presque au même moment dans les camps militaires Sangoulé Lamizana et Baba Sy de la capitale Burkinabè.

Des soldats encagoulés ont pris position ce lundi 24 janvier au matin à Ouagadougou devant le siège de la télévision nationale du Burkina Faso, selon l'Agence France-Presse.

Un couvre-feu a été décrété dimanche soir à partir de 20H00 et jusqu'à 05H30 lundi dans tout le pays. Les écoles resteront fermées lundi et mardi, selon le gouvernement.

(Dim.) 15h : Incendie du siège du parti au pouvoir 

Le climat avec l'armée mais aussi avec la population est tendu. Selon l'AFP, des manifestants ont incendié le siège du parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès, à Ouagadougou.

Ce matin, le ministre de la Défense du Burkina Faso, le général Barthélémy Simporé, a cependant assuré qu'aucun coup d'État ne serait en cours. 

Les manifestants ont été dispersés rapidement après. L'internet mobile a également été coupé dans la matinée.

13h30 : Remplacement demandé des chefs de l'armée

Les militaires réclament le départ des chefs de l'armée et des "moyens adaptés" dans la lutte contre les groupes djihadistes qui frappent leur pays, selon un enregistrement sonore parvenu à l'AFP.

Ils demandent ainsi des "effectifs conséquents", ainsi que le "remplacement" des plus hauts gradés de l'armée nationale, précise sous couvert de l'anonymat un militaire de la caserne Sangoulé Lamizana de Ouagadougou. Il a en outre souhaité "une meilleure prise en charge des blessés" et "des familles des défunts"  à la suite des attaques et des combats avec les djihadistes.

Concernant l'aspect sécuritaire, les militaires souhaitent une "formation du personnel adaptée à la menace " ainsi que "des unités permanentes au lieu de collecter des effectifs pour amener au front.

11h30 : Rassemblement dispersé

Une centaine de personnes ont tenté de se rassembler place de la Nation, en plein centre de Ouagadougou, pour exprimer leur soutien au mouvement des soldats. Elles ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène par les policiers, selon une correspondante de l'AFP.

Des habitants du quartier Gounghin ont rapporté à l'AFP que des militaires du camp Sangoulé Lamizana sont sortis de leur caserne, tirant des coups de feu en l'air, et ont bouclé le périmètre aux alentours de la caserne. Le périmètre autour de la caserne de la base aérienne était également bouclé par des soldats encagoulés tirant en l'air.

10h : "Aucune institution de la République n’a pour le moment été inquiétée"

 
 

Le ministre de la Défense du Burkina Faso, le général Barthélémy Simporé, a affirmé que "pour le moment", aucune institution de la République "n'a été inquiétée"

Dans son intervention à la télévision nationale, il a ajouté que les mouvements observés "dans quelques casernes" sont "localisés, circonscrits", et qu'il était "en train de rentrer en contact avec ceux qui sont à la manœuvre pour comprendre les motivations".

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9h30 : Le gouvernement reconnaît les tirs, dément un coup d'État

Le gouvernement du président Roch Marc Kaboré a réagi ce matin en démentant une tentative de coup d'État.

"Des informations véhiculées dans des réseaux sociaux tendent à faire croire à une prise de pouvoir par l'armée", souligne un communiqué du porte-parole du gouvernement. "Le gouvernement, tout en reconnaissant l'effectivité de tirs dans certaines casernes, dément ces informations et appelle les populations à rester sereines", ajoute-t-il.

Des habitants du quartier Gounghin ont affirmé que des tirs étaient toujours entendus en milieu de matinée au camp Sangoulé, qui abrite la Maison d'arrêt et de correction des armées (Maca).
 

1h : Tirs entendus dans plusieurs casernes

"Depuis 01h du matin (GMT et locales), des tirs ont été entendus ici à Gounghin provenant du camp Sangoulé Lamizana", a décrit à l'AFP un militaire de ce quartier situé à la sortie ouest de la capitale. Les habitants l'ont confirmé, évoquant des "tirs de plus en plus nourris". 
 
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Tirs entendu ce matin au Burkina, aux abords du camp militaire Lamizana Sangoulé.
Fanny Noaro-Kabré, correspondante.

Des coups de feu ont également été entendus dans un autre camp militaire de Ouagadougou, celui de Baba Sy, ainsi qu'à la base aérienne proche de l'aéroport, selon des sources militaires.

Les casernes de Kaya et Ouahigouya, dans le nord du pays, seraient aussi concernées selon des habitants joints par l'AFP.
 

Militaires détenus

C'est à la Maison d'arrêt et de correction des armées qu'est détenu le général Gilbert Diendéré, proche de l'ancien président Blaise Compaoré renversé en 2014. Le général Diendéré a été condamné à 20 ans de prison pour une tentative de putsch en 2015 et est actuellement jugé pour son rôle présumé dans l'assassinat de l'ancien président Thomas Sankara en 1987.
  Plusieurs militaires sont détenus depuis mi-janvier pour des faits présumés de "tentative de déstabilisation des institutions".

Parmi eux, le lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana, ex-chef de corps du 12e régiment d'infanterie commando. Il était jusqu'à présent commandant du groupement des forces du secteur ouest, engagées dans la lutte antiterroriste. 
 

Au lendemain de manifestations

Ces mouvements dans des casernes burkinabè surviennent au lendemain de nouvelles manifestations de colère d'habitants, excédés par l'impuissance des autorités à faire face à la violence djihadiste qui ravage le pays.

Samedi 22, des incidents ont éclaté à Ouagadougou et dans d'autres villes entre les forces de l'ordre et ces manifestants, qui ont bravé l'interdiction de se rassembler pour protester contre l'insécurité. Les militants se réunissaient aussi pour témoigner leur soutien au Mali, cible de sanctions de la Cédéao. `


Attaques djihadistes répétées

Le Burkina Faso est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés djihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l'est du pays.

Samedi encore, au moins deux soldats ont été tués et plusieurs blessés dans l'explosion d'un engin artisanal, sur l'axe entre Ouahigouya et Titao (nord). L'attaque a eu lieu au passage de leur véhicule qui escortait des commerçants, selon des sources sécuritaires et locales.
 
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Le 23 décembre, une embuscade visant un convoi de ravitaillement composé de civils et de Volontaires de défense pour la patrie (VDP, supplétifs de l'armée) dans la zone de You au nord avait tué 41 personnes.  Le célèbre Ladji Yoro, considéré comme un leader des VDP, faisait partie des victimes.

Les violences des groupes djihadistes ont fait depuis six ans plus de 2.000 morts et contraint 1,5 million de personnes à fuir leur foyer.