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Burkina Faso : deux ex-présidents et le chef de la junte appellent à la "cohésion" face au djihadisme

Un homme tient un portrait du lieutenant-colonel, Paul Henri Sandaogo Damiba, qui a pris les rênes du Burkina Faso, à Ouagadougou, le 25 janvier 2022.
Un homme tient un portrait du lieutenant-colonel, Paul Henri Sandaogo Damiba, qui a pris les rênes du Burkina Faso, à Ouagadougou, le 25 janvier 2022.
Sophie Garcia (AP)

Deux des cinq anciens présidents du Burkina Faso, Jean-Baptiste Ouedraogo et Blaise Compaoré, invités, vendredi 8 juillet, par le chef de la junte au pouvoir, Paul-Henri Sandaogo Damiba, ont répondu présent à l’invitation.  Ensemble, ils ont appelé à "la cohésion sociale au regard de la situation difficile" que traverse leur pays en proie à la violence djihadiste.

"Cette rencontre a porté principalement sur la recherche d'une paix durable dans notre pays, a déclaré, Paul-Henri Sandaogo Damiba, dans une déclaration faite à l'issue de la réunion. Nous sommes convaincus que c’est seulement dans la cohésion sociale et dans l'unité que les forces qui combattent en ce moment même le terrorisme seront davantage déterminées et auront plus de succès."

Le chef de la junte s'est exprimé aux côtés des deux dirigeants burkinabè ayant répondu favorablement à son invitation : Jean-Baptiste Ouedraogo (1982-1983) et Blaise Compaoré, président de 1987 à 2014. Ce dernier a été contrait à l'exil en Côte d'Ivoire à la suite d'une insurrection populaire.

Ce dernier, qui est apparu amaigri aux côtés de Paul-Henri Sandaogo Damiba et Jean-Baptiste Ouedraogo, est revenu, la veille, à Ouagadougou pour la première fois depuis huit ans.  Son retour a suscité la polémique dans le pays.

En avril dernier, il a été condamné par contumace, à perpétuité, pour son rôle dans l'assassinat de son prédécesseur Thomas Sankara, lors d'un coup d'Etat qui l'avait porté au pouvoir en 1987.

"L'urgence de la préservation de l'existence de notre patrie commande une synergie d'actions qui ne nous autorise pas à nous donner le luxe de perdre le moindre temps dans la polémique", a estimé Paul-Henri Sandaogo Damiba à l'issue de la rencontre. 
 

Trois présidents invités n'ont pas fait le déplacement

Quant à Roch Marc Christian Kaboré, renversé en janvier dernier, il a été "physiquement empêché par un groupe d'individus de participer à la rencontre", selon les dires du chef de la junte.

Plusieurs de ses sympathisants ont manifesté, vendredi matin, devant son domicile à Ouagadougou, l'appelant à boycotter cette rencontre qualifiée de "mascarade".

Egalement convié, Isaac Zida qui avait brièvement pris le pouvoir en 2014 et vit actuellement en exil au Canada, n'a pas pu venir "pour raisons administratives", toujours selon le militaire. Michel Kafando (2014-2015) n’a, pour sa part, pas fait le déplacement pour "des raisons de santé".

(Re)voir : Burkina Faso : le retour controversé de Blaise Compaoré à Ouagadougou
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