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Burkina Faso : le gouvernement ne confirme pas le massacre d'une cinquantaine de civils

Photo d'illustration. La localité de Fada N'gourma, Burkina Faso
Photo d'illustration. La localité de Fada N'gourma, Burkina Faso
(AP Photo/Sam Mednick)

Le gouvernement du Burkina Faso n'a a pas confirmé le massacre d'une cinquantaine de civils par des jihadistes présumés dans le sud-est du pays mercredi, annoncé par le gouverneur de la région où il s'est produit.

Dans un communiqué parvenu à l'AFP samedi, Lionel Bilgo, le porte-parole du gouvernement, reconnaît que "les 22 et 25 mai 2022, des terroristes ont perpétré des attaques contre des populations, respectivement dans les communes de Gorgadji (province du Séno, région du Sahel) et de Madjoari (province de la Kompienga, région de l’Est)".

S'il confirme le bilan de onze morts lors de la première attaque à Gorgadji, il ajoute qu'à Madjoari, les opérations menées par les Forces de sécurité et de défense (FDS), "n’ont pas permis de retrouver de victimes pour l’instant".

Jeudi, le gouverneur de la région de l'Est avait indiqué dans un communiqué que des habitants de Madjoari avaient "été pris pour cible (...) par des individus armés non identifiés"

Le bilan provisoire faisait état "d'une cinquantaine de personnes tuées", avait-il ajouté.

Burkina Faso : une cinquantaine de civils tués dans une attaque

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Selon des habitants de Madjoari, les personnes tuées étaient en train de quitter la ville lorsqu'elles ont été attaquées.

Comme d'autres communes du nord et de l'est du Burkina, celle de Madjoari a été placée sous blocus par les jihadistes qui frappent dans ces régions.

Privés de ravitaillement, ses habitants tentent de fuir depuis la semaine dernière, ont indiqué plusieurs d'entre eux joints par l'AFP depuis Ouagadougou.

Ce sont "ces populations qui ont été interceptées et exécutées par les terroristes", a indiqué l'un de ces habitants précisant que "toutes les victimes sont des hommes".

Le Burkina Faso, en particulier le nord et l'est, est la cible d'attaques jihadistes depuis 2015 perpétrées par des mouvements affiliés à Al-Qaïda et au groupe État islamique, qui ont fait plus de 2.000 morts et 1,8 million de déplacés.

Le nouvel homme fort du pays, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, qui a renversé fin janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré, accusé d'être inefficace face à la violence jihadiste, a fait de la question sécuritaire sa "priorité".

Après une courte accalmie suivant sa prise de pouvoir lors d'un putsch le 24 janvier, M. Damiba fait face depuis mi-mars à une recrudescence d'attaques de jihadistes présumés qui ont fait plus de 200 morts, civils et militaires.