Burkina Faso : le lancement du Fespaco célèbre la lutte contre le djihadisme

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Fespaco
Une statue de Paulin Soumanou Vieyra, considéré comme l'un des pères fondateurs du cinéma africain, devant le siège du Fespaco (Festival panafricain du cinéma et de la télévision) à Ouagadougou. AP/ Sophie Garcia. 
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Le plus grand festival du cinéma d'Afrique, le Fespaco, s'est ouvert samedi 25 février à Ouagadougou, en présence du Premier ministre du Mali. Le pays est l'invité d'honneur de l'événement. 
Au lancement du Fespaco, sur une immense scène, une soixantaine de danseurs ont mimé des combats sur les rythmes guerriers de plusieurs tambours.

L'animatrice de la cérémonie d'ouverture a expliqué que la chorégraphie voulait montrer le "courage et la bravoure" de la jeunesse burkinabè face au djihadisme.

Hommage aux VDP

La performance, intitulée "20 millions de VDP" (Volontaires pour la défense de la patrie, supplétifs civils de l'armée), fait référence au nombre d'habitants du Burkina Faso, soit environ 22 millions.

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Mercredi 22 février, une douzaine de VDP sont morts lors d'une attaque dans le nord. Cela fait suite à la mort les 17 et 20 février d'au moins 70 soldats dans deux attaques près du Mali, également dans le nord.

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Au total, depuis 2015, les violences ont fait plus de 10 000 morts au Burkina Faso et quelque deux millions de déplacés internes.

C'est pendant "cette crise que cette 28e édition a été placée sous le thème des 'cinémas africains et cultures de la paix'", a déclaré Fidèle Aymar Tamini, président du comité d'organisation du Fespaco.

170 oeuvres ont été sélectionnées en compétition officielle du Fespaco, dont quinze longs métrages de fiction en lice pour briguer l'Étalon d'or du Yennenga. Le trophée et un prix d'une valeur de 20 millions de francs CFA (environ 30000 euros) seront décernés dans une semaine.                

La culture au service de la paix 

Choguel Kokalla Maïga, le Premier ministre malien, a affirmé au cours de la cérémonie :"le Mali et le Burkina Faso sont deux pays frères" qui "sont confrontés aujourd'hui, comme vous le savez, à un défi sécuritaire. Notre combat pour la paix et la souveraineté demeure la priorité". Son intervention a été très applaudie. 

Le Burkina Faso et le Mali sont dirigés par des militaires putschistes.

"Nos deux pays sont ensemble, au coude à coude, face à l'hydre terroriste", a ajouté le Premier ministre malien. Dans ce contexte, la culture a un "rôle avant-gardiste à jouer dans le processus de paix".
 

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De son côté, le ministre burkinabè de la Communication et de la culture, Jean-Emmanuel Ouedraogo, a souligné que "le Mali et le Burkina Faso cheminaient ensemble dans des projets communs en matière d'intégration et de coopération".

Le Premier ministre burkinabè, Appolinaire Kyélem de Tambela, présent à la cérémonie, a récemment proposé la création d'une fédération entre les deux pays.

Le capitaine Ibrahim Traoré, arrivé au pouvoir à Ouagadougou par un putsch en septembre, n'a pas assisté à la cérémonie.  Son nom cité dans les discours a toutefois déclenché des cris de soutien.

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