Afrique

Burkina Faso : le procès du coup d'Etat manqué de 2015 suspendu

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Retour sur la première journée du procès du putsch manqué

Le procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso a été suspendu sine die mardi après-midi après le retrait de tous les avocats de la défense, qui contestent la légalité du tribunal militaire.

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L'audience a été suspendue vers 15h locales par le président du Tribunal. Il n'a pas précisé quand le procès reprendrait. 

Nous nous retirons parce que la juridiction devant juger cette affaire n'est pas légale. Nous récusons les membres qui la composent.
Me Michel Traoré, avocat de l'ancien chef d'état-major Boureima Kéré

Me Guy-Hervé Kam, un des avocats des parties civiles, a dénoncé une "manoeuvre dilatoire" de la défense. 

Le procès avait débuté mardi matin dans la salle des banquets de Ouaga 2000, archicomble avec plus de 600 personnes, dont 300 des parties civiles. Une centaine de personnes n'a pas pu entrer. Les autorités ont aussi interdit tout appareil électronique, notamment les téléphones portables, à l'audience et même dans la zone de sécurité, y compris aux journalistes. 

Retour sur les faits


Le 16 septembre 2015, à Ouagadougou, des soldats du RSP, le régiment de sécurité présidentielle, tentent de renverser le gouvernement de transition.

Le général Diendéré prend le pouvoir et affirme vouloir empêcher la déstabilisation du pays. Le président de transition Michel Kafando et des ministres sont alors retenus en otage.

Mais la rue et la communauté internationale vont se mobiliser pour défendre le gouvernement légal. Rapidement, le putsch tourne court.

La médiation africaine menée par les chefs de l'Etat sénégalais et béninois aboutit. Les soldats du RSP retournent dans leur caserne et Gilbert Diendéré renonce.

Mais la tentative de coup d'Etat et les violences provoquées ont laissé des traces : 14 morts, 251 blessés selon les chiffres officiels.

Aujourd'hui, les victimes attendent la vérité, des indemnisations mais aussi le pardon de la part des acteurs du putsch.

Si ce procès de grande ampleur est très attendu au Burkina Faso, c'est aussi qu'il constituera un test pour la justice du pays. Selon ses proches, le général Diendéré pourrait s'adonner à un grand déballage.

Quant à Djibrill Bassolé, il a récemment mis en doute l'indépendance de la justice militaire. Dans le quotidien national "Le Pays", il dénonçait il y a peu "des décisions iniques et arbitraires prises à son encontre".