Afrique

Burkina Faso : qu’est-il fait pour sortir de terre les huit mineurs pris au piège ?

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Depuis plus de trois semaines, huit mineurs sont coincés sous terre dans la mine de Perkoa, à l’ouest de Ouagadougou au Burkina Faso. Les familles dénoncent la lenteur des opérations, tandis que des pays extérieurs proposent leur aide aux autorités burkinabés.

Le 16 avril, des pluies diluviennes inondent la mine de zinc de Perkoa, à l’ouest de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Les opérations sont immédiatement suspendues. Mais huit mineurs, six Burkinabé, un Zambien et un Tanzanien, ne parviennent pas à sortir de la mine. Depuis, ils sont portés disparus. 

« C’est après une alerte d’évacuation, suite à l’inondation du site, que l’absence des mineurs a été constatée et qu’une opération de sauvetage à aussitôt été lancée », explique un travailleur de la mine. Les sapeurs-pompiers et des ingénieurs militaires aident aux opérations de sauvetage. Depuis, les secouristes s’activent pour pomper la grande quantité d’eau qui a envahi la mine avec les fortes pluies. 

L’espoir que nous avons, c’est qu’il est confirmé que la jauge d’aération de la chambre du refuge est toujours fonctionnelle.Lionel Bilgo, porte-parole du gouvernement burkinabé

Les mineurs sont-ils encore vivants ?

Depuis 25 jours, les familles retiennent leur souffle, sans nouvelles des huit mineurs disparus. Impossible de savoir s'ils sont toujours en vie, les communications radio ont été coupées par les inondations. impossible de savoir si les huit mineurs ont réussi à gagner la « chambre de refuge » et si celle-ci a résisté à la pression de l’inondation. 

Plus le temps passe et plus l’incertitude plane sur le sauvetage. Le 2 mai, André Bamouni, un parent d'un des mineurs, estime que la situation est devenue « critique » pour les huit personnes coincées sous terre. Selon lui, leurs chances de survie « s’amenuisent de jour en jour, mais l’espoir est (encore) permis. »

De leur côté, les familles de six mineurs ont porté « plainte contre x » pour « tentative d’homicide involontaire », « mise en danger de la vie d’autrui » et « non assistance à personne en danger. » « On avait annoncé la date du 5 mai » pour réussir à sortir les hommes de la mine, explique Antoine Bama, un parent d’un des mineurs. « Mais malheureusement cette date » est passée « sans qu’on puisse voir nos frères », déplore-t-il. 

Le 6 mai, les autorités restent optimistes. « L’espoir que nous avons, c’est qu’il est confirmé que la jauge d’aération de la chambre du refuge est toujours fonctionnelle », déclare le porte-parole du gouvernement Lionel Bilgo. Située à 580 mètres de profondeur, cette « chambre de refuge » est équipée de kits de survie. Étanche, l’abri a été creusé pour protéger les travailleurs en cas de chute de pierres, d’inondations ou d’incendies. Les secouristes espèrent que les mineurs, qui travaillaient à 700 mètres de profondeur, ont pu y accéder et que celle-ci a résisté à la pression de l’inondation.

Le 10 mai, à la sortie du point d’information quotidien organisé par les responsables de la mine, Antoine Bama rapporte l’espoir que la chambre de refuge soit atteinte « dans les prochaines heures. » 

Qu'est-ce qui est mis en oeuvre pour tenter de les sauver ?

« On multiplie les efforts et on fait appel à toutes les compétences », déclare l’un des sauveteurs. Selon lui, l’entrée en action d’une machine de pompage de 60 litres par seconde a permis de faire baisser le niveau d’eau. Cependant, il déplore des pannes régulières des équipements. Sans ces pannes, les secouristes auraient déjà atteint la « chambre de refuge. »

Le 5 mai, le prote-parole du gouvernement burkinabé Lionel Bilgo s'est rendu sur le site de la mine de zinc avec une délégation. « Les machines mises en place pour le pompage vont à un rythme (trop lent) qui n'est pas à notre goût et ne garantit en rien, si nous mettons autant de temps, que nous puissions les retrouver (vivants) comme nous le souhaitons », déclare-t-il. Il a par ailleurs précisé que « la capacité des équipements » est renforcée.

Selon le quotidien français Le Monde, 34 millions de litres d’eau ont été pompés par les équipes de secours.

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De l'aide extérieure est-elle proposée ?

Le 8 mai, le service d’information du gouvernement du Burkina Faso rapporte que l’Union européenne et le Maroc ont proposé leur aide pour le sauvetage des mineurs. « Le gouvernement burkinabé a déjà transmis à ses partenaires la liste des besoins, notamment en matériels techniques et en ressources humaines », rapporte le communiqué. Par ailleurs, le service d’information précise que l’Afrique du Sud a envoyé des appareils de pompage au Burkina Faso. 

Le premier ministre du Burkina Faso Albert Ouédraogo a annoncé l’ouverture d’une enquête pour « situer toutes les responsabilités. » Il ajoute que « des mesures conservatoires » ont été prises pour empêcher les responsables de la mine de quitter le territoire. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes s’indignent du silence autour du drame. « On en parle pas assez des mineurs qui sont coincé sous terre au Burkina Faso », estime par exemple une utilisatrice de Twitter. Une chaîne de solidarité appelle les autorités à « tout mettre en œuvre » pour sauver les huit hommes.