Burkina Faso : trois diplomates français priés de quitter le territoire

Trois diplomates français, dont deux conseillers politiques à l'ambassade de France à Ouagadougou, ont été déclarés "persona non grata" pour "activités subversives", selon le ministère burkinabè des Affaires étrangères. Ils sont priés de quitter le Burkina Faso.

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Le chef du coup d'État du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traore, participe à une cérémonie à Ouagadougou, le 15 octobre 2022.

Le président de la transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, participe à une cérémonie à Ouagadougou, le 15 octobre 2022.

Kilaye Bationo (AP)
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Ces trois diplomates "sont déclarés persona non grata sur le territoire du Burkina Faso, pour activités subversives", écrit le ministère burkinabè des Affaires étrangères dans une note adressée à l'ambassade de France à Ouagadougou. Ils "sont priés de quitter le territoire du Burkina Faso dans les prochaines 48 heures", précise la note datée de mardi.

Cette mesure concerne Hervé Fournier et Guillaume Reisacher, tous deux conseillers politiques, ainsi que Gwenaëlle Habouzit. Selon nos sources, l'information leur est parvenue mercredi 17 avril. Ils devraient décoller sous peu. 

 

La note envoyée par le ministère burkinabè des Affaires étrangères à l'ambassade de France.

La note envoyée par le ministère burkinabè des Affaires étrangères à l'ambassade de France.

Hervé Fournier venait de prendre son poste il y a quelques jours pour une mission de renfort de quatre mois dans le pays. Quant à sa consœur, Gwenaïelle Habouzit, elle venait d'effectuer sa première mission sur le territoire en tant que membre du service Afrique du ministère français des Affaires étrangères. Elle a quitté le Burkina Faso en fin de semaine dernière.

"La décision des autorités burkinabè ne repose sur aucun fondement légitime. Nous ne pouvons que la déplorer", a déclaré Christophe Lemoine, porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères, qui a également jugé "infondées" les accusations portées à l'encontre des Français. 

Précédents

Le 1er décembre dernier, quatre fonctionnaires français ont été arrêtés à Ouagadougou, mis en examen puis incarcérés, selon la source française. Ils étaient considérés comme des agents du renseignement par les autorités burkinabè. Une source diplomatique française affirmait qu’il s’agissait de techniciens de maintenance informatique. Ils se trouvent aujourd'hui en résidence surveillée, selon des sources sécuritaires du Burkina.

(Re)lire Le Burkina expulse l'attaché militaire français accusé "d'activités subversives"

Un an auparavant, en décembre 2022, le gouvernement burkinabè a expulsé deux Français qui travaillaient pour une société burkinabè, soupçonnés par les autorités d'être des espions.

Relations dégradées

Les relations entre la France et le Burkina Faso se sont considérablement dégradées depuis l'arrivée au pouvoir, en septembre 2022, par un putsch, le deuxième en huit mois, du capitaine Ibrahim Traoré.

Quelques mois après son arrivée au pouvoir, Ouagadougou a dénoncé un accord militaire de 1961 avec la France, après avoir obtenu le retrait des forces françaises. L'ambassadeur de France à Ouagadougou, rappelé après le coup d'Etat, n'a pas été remplacé depuis. 

Dans sa volonté de diversifier ses partenariats, le Burkina Faso s'est notamment rapproché de la Russie et de ses deux voisins, le Mali et le Niger, eux aussi gouvernés par des régimes militaires.

Les trois pays font face depuis plusieurs années à des attaques djihadistes récurrentes de groupes liés à Al-Qaïda et l'Etat islamique. Au Burkina Faso seul, elles ont fait quelque 20.000 morts civils et militaires et environ deux millions de déplacés depuis 2015.

(Re)voir Entre le Burkina Faso et la France, une relation dégradée ?