Burundi : le président Pierre Nkurunziza est mort

La présidence de la République burundaise annonce ce mardi 9 juin 2020 la mort du président sortant Pierre Nkurunziza sur le réseau social Twitter. Selon ce tweet, le chef de l'État, âgé de 55 ans, est décédé ce 8 juin des suites d'"un arrêt cardiaque" à l’Hôpital du Cinquantenaire de Karuzi. Un deuil national de sept jours a été décrété.
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Pierre Nkurunziza
Le président burundais Pierre Nkurunziza se rendant aux urnes pour l'élection présidentielle à Ngozi, sa ville natale, en juillet 2015
©AP Photo/Berthier Mugiraneza
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"Le Gouvernement de la République du Burundi annonce avec une très grande tristesse le décès inopiné de Son Excellence Pierre Nkurunziza, Président de la République du Burundi, survenu à l’Hôpital du Cinquantenaire de Karusi suite à un arrêt cardiaque ce 8 juin 2020." C 'est le message sur le compte officiel Twitter du gouvernement du Burundi :
 Dans le communiqué de la présidence de la République du Burundi, on peut lire que Pierre Nkurunziza avait assisté "à un match de volley ball à Ngozi" samedi 6 juin. Dans la nuit du samedi 6 au dimanche 7, il "a senti un malaise et s'est vite rendu à l'hôpital de Karuzi pour se faire soigner".

Dimanche 7 juin, "son état de santé s'est amélioré" avant de "brusquement" se dégrader lundi 8 juin "à la très grande surprise", toujours selon le communiqué de la présidence.
 
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Communiqué de la présidence du Burundi
"Une réanimation immédiate a été entreprise par une équipe multidisciplinaire de médecins pendant plusieurs heures avec une assistance cardio-respiratoire", indique le communiqué. "Malgré une prise en charge intense, continue et adaptée, l'équipe médicale n'a pas pu récupérer le patient."

Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, ne s'était pas représenté  à la dernière élection présidentielle. Il avait adoubé Évariste Ndayishimiye comme son "héritier". Il devait être investi président en août prochain pour un mandat de sept ans renouvelable une fois.

Le Burundi avait organisé le 20 mai des élections générales qui ont donné lieu à de grands rassemblements et de longues files d'attentes devant les bureaux de vote, sans réelles mesures de prévention, en dépit de la pandémie. Le dauphin désigné de M. Nkurunziza, Evariste Ndayishimiye, a été déclaré vainqueur mais ce résultat est contesté par l'opposition.​


Le général Évariste Ndayishimiye s'est engagé mardi "à poursuivre son œuvre".

"Je compatis à la douleur de la famille, des militants du CNDD-FDD (le parti au pouvoir) et de tous les Burundais. Il nous laisse un héritage qu'on n'oubliera jamais et nous allons poursuivre son œuvre de grande qualité qu'il a réalisée pour notre pays, le Burundi", a écrit le général dans un message en kirundi, la langue nationale, publié son compte Twitter.
 

Il doit théoriquement être investi en août pour un mandat de sept ans renouvelable une fois, à la fin du mandat de Pierre Nkurunziza. 

Pour le professeur et politologue burundais Julien Nimubona, joint par l'Agence France Presse, "c'est le président de l'Assemblée nationale, Pascal Nyabenda, selon la Constitution du Burundi" qui devrait assurer l'intérim du pouvoir.

 
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Communiqué de la présidence du Burundi
En 2015, la candidature de M. Nkurunziza à un troisième mandat controversé avait plongé le pays dans une crise politique majeure, qui a fait au moins 1.200 morts et poussé à l'exode quelque 400.000 Burundais.
 

Pierre Nkurunziza, un chrétien évangélique "born again", et son épouse pasteur, ont à de nombreuses reprises minimisé la gravité de la pandémie de nouveau coronavirus.

"C'est la bénédiction de Dieu qui est sur les Burundais (...) Toutes ces pandémies sont transmises à travers l'air, mais Dieu a purifié l'air du Burundi", déclarait-il en mai dernier au lancement de trois jours de prières organisées pour remercier Dieu d'avoir épargné le Burundi.

On ignorait mardi si l'arrêt cardiaque auquel a succombé M. Nkurunziza est consécutif à une infection au Covid-19. L'épouse de M. Nkurunziza avait récemment été admise à Nairobi, au Kenya, pour y être soignée - certaines sources à Bujumbura affirmant qu'elle avait contracté le nouveau coronavirus.

Dans son communiqué, le gouvernement a annoncé un deuil national de sept jours à compter de mardi.

Voir aussi :Pierre Nkurunziza, entre foi exaltée et répressions

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Réactions africaines​


Le président kényan, Uhuru Kenyatta, et le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed, ont présenté leurs condoléances au peuple burundais et à la famille du défunt.

M. Kenyatta a salué la "contribution" de Pierre Nkurunziza "à l'intégration et au développement de la région".