Afrique

Cameroun : ces vidéos qui accusent l'armée de massacre de civils

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Au Cameroun, les autorités avaient d'abord nié les faits, avant d'ouvrir une enquête sur une vidéo d'exactions commises par des soldats camerounais. Deux femmes et leurs deux enfants en bas âge y étaient exécutées. Les coupables, sept militaires camerounais, ont été arrêtés. Sauf qu'une autre vidéo d'exactions fait le tour des réseaux sociaux...

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C'est une vidéo de mauvaise qualité qui dure à peine quelques minutes... Une dizaine d'hommes armés et casqués déambulent dans un village. Autour d'eux, des habitations en flammes et des tirs réguliers...

Quelques plaisanteries échangées, puis vient l'horreur: une scène d'exécution sommaire. Alignées contre un mur, allongées ou assises, une dizaine de personnes sont tuées de sang froid par un feu nourri d'armes automatiques.

Selon l'ONG Amnesty International, cette vidéo a été tournée par des soldats camerounais en mission dans le village d'Achigaya dans le Nord du pays.

C'est une opération militaire de représailles contre les populations civiles suite à une attaque de Boko Haram contre les militaires en décembre 2014. En janvier 2015, les militaires camerounais arrivent dans ce village pour des représailles.​Nicholas Bequelin, directeur régional d'Amnesty International

L'ONG dit avoir mené des recherches poussées pour authentifier et dater la vidéo. 

Il y a un travail qui est plus précis sur les éléments contenus dans la vidéo, comme par exemple les uniformes militaires, donc bien s’assurer qu’il s’agit des uniformes de l’armée camerounaise, les armes, très importantes puisque certaines des armes automatiques qui sont utilisées dans cette vidéo pour exécuter les civils sont des armes qui ne sont présentes que dans l’armée camerounaise, des armes fabriquées en Serbie.Nicholas Bequelin, directeur régional d'Amnesty International

Il y a un mois, Amnesty International avait communiqué sur une autre vidéo mettant en scène des exactions commises par des soldats camerounais. On y voyait deux femmes et leur deux enfants froidement abattus. Au lendemain de la diffusion de ces images, les autorités camerounaises avaient qualifié la vidéo de fausse information et d'"horrible trucage".

Il s'agit à l'évidence d'une autre manœuvre de désinformation grossière, où les faits projetés n'ont aucun rapport avec l'action menée par les forces de défense et de sécurité dans le cadre des missions qui leur sont confiées.Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de la Communication

Revirement ce vendredi. Dans un communiqué, le ministre a reconnu les crimes et annoncé l'arrestation de sept militaires, qualifiés de "soldats égarés". Il affirme aussi la volonté du chef de l'Etat Paul Biya de mener systématiquemnt des enquêtes sur de telles exactions.