Afrique

Cameroun : faux observateurs électoraux et vraie polémique

Chargement du lecteur...
(c) TV5MONDE

C'est une nouvelle polémique post-électorale au Cameroun. Après la victoire revendiquée de Maurice Kamto, voici l'affaire des faux observateurs internationaux.
Ces personnes ont suivi le scrutin présidentiel, elles se sont même exprimées dans les medias, soi-disant au nom de l'ONG Transparency International. En fait, il n'en est rien.

dans
Dimanche dernier, jour de la présidentielle camerounaise, les équipes de TV5Monde filment dans un bureau de vote de Buéa. Sur place, deux personnes observent attentivement le déroulement du scrutin. "Je suis là en observateur indépendant, et d'après ce que je vois, tout se passe bien" explique très simplement Salomon Benros, le prétendu observateur, à nos journalistes.

Lundi soir, au lendemain de l'élection, ces observateurs "auto-déclarés" donnent même une conférence de presse. A la télévision d'Etat camerounaise, ils sont présentés comme travaillant pour l'ONG Transparency International. Interrogés sur le scrutin, ils ne tarissent pas d'éloges : "J'ai trouvé que c'était d'une grande sérénité et d'une grande émancipation démocratique" déclare le premier,  " d'après ce que j'ai vu hier pendant le dépouillement, c'est une véritable leçon de démocratie, c'était très pédagogique, très pédagogique " ajoute le deuxième prétendu observateur.

Seulement voilà, le démenti de Transparency International ne tarde pas à arriver.
Dans un communiqué publié mardi, l'ONG rappelle n'avoir aucune équipe d'observateurs internationaux au Cameroun et parle d'une usurpation de titre inacceptable.
 
Personnellement je les ai rencontrés, à leur demande, seulement le mardi dans un grand hotel, parce qu'ils ont voulu que nous ayions une explication. Nous n'avions pas de missions ni au niveau international, ni au niveau national.Charles Nguini, président de Transparency International Cameroun
Les faux observateurs présumés indiquent alors avoir été invités par l'Agence Cameroun Presse, un organe créé en juillet 2018, à trois mois de l'élection présidentielle.

L'affaire fait désormais scandale au Cameroun, où le déroulement du scrutin est très contesté. Plusieurs acteurs politiques demandent désormais l'ouverture d'une enquête publique sur cette affaire.