Afrique

Cameroun : la justice relâche 300 anglophones

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Le Président camerounais Paul Biya pose un geste d'apaisement dans la crise qui touche les deux provinces anglophones. Il annonce l'arrêt des poursuites contre 289 prisonniers, ce qui entrainera leur libération. 

Ils comparaissent petit groupe par petit groupe et à la chaîne : dans une salle d'audience du tribunal militaire de Douala, des dizaines de Camerounais anglophones arrêtés et poursuivis dans le cadre du conflit qui oppose pouvoir et séparatistes. Tous convoqués pour être libérés. Une décision annoncée sur les réseaux sociaux par le président Biya... En français et en anglais. 

Une vague de grâces qui s'inscrit, selon le secrétariat général de la présidence, dans le cadre de la mise en place, il y a une quinzaine de jours, d'un comité de désarmement, de démobilisation et de réintégration des groupes armés indépendantistes. Le secrétariat a ensuite précisé que cette décision procède de la volonté du chef de l'État de trouver des voies et moyens d'une résolution pacifique de la crise.

Un geste d'apaisement donc mais qui ne concerne que ceux dont les charges sont jugées d'une gravité relative et qui exclut, de fait, les principaux acteurs de cette crise anglophone. Le procès de Julius Sisiku Ayuk Tabe, leader de la cause indépendantiste, accusé notamment de terrorisme et de sécession, s'est ouvert il y a dix jours à Yaoundé et doit se poursuivre le 10 janvier. Neuf autres personnes comparaissent à ses côtés. 

Et cette clémence présidentielle ne suffit pas à alléger la pression des États-Unis notamment. Washington appelle à un dialogue immédiat entre toutes les parties, sans conditions préalables.