Afrique

Cameroun : Nouvel épisode meurtrier dans la région anglophone

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Notre correspondant Marcel Amoko depuis Yaoundé. @TV5MONDE

Au Cameroun, au moins 32 personnes ont été tuées lors d'un affrontement à Menka, en zone anglophone, entre l'armée et un groupe séparatiste. Depuis le début de la crise anglophone en 2016, les combats sont incessants dans cette région du Nord-Ouest.

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Dans la nuit du 24 au 25 mai, un groupe armé a investi un hôtel dans la ville de Menka, située au Nord-Ouest du pays. L'armée a risposté tuant 27 séparatistes présumés, selon un bilan officiel du gouvernement camerounais. On compte parmi les victimes 5 otages.

"Vingt-sept terroristes (ont été) neutralisés" le 25 mai lors d'une "opération spéciale", menée par 30 militaires et policiers pour déloger "des assaillants" qui avaient pris possession d'un motel à Menka, a déclaré à la presse Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.

Il a affirmé que "15 otages" se trouvaient dans l'établissement et que cinq d'entre eux avaient été tués "par les terroristes" après les "sommations" des forces camerounaises pour qu'ils se rendent et libèrent leurs otages.

"Cinq fusils à pompe en service seulement dans les unités spéciales ont été saisis, ainsi que 17 armes de guerre et 10 armes de chasse, avec plus de 2.000 munitions, une trentaine de tenues militaires et cinq bérets qui appartenaient aux gendarmes et policiers froidement assassinés par ces mêmes terroristes à Bali, Bello et Batibo" dans la même région du Nord-Ouest, selon Issa Tchiroma.

Il a réfuté les "allégations de carnage perpétré par l'armée camerounaise sur les populations civiles".
 

La version du gouvernement contestée 


Les images des morts de Menka ont fait le tour des réseaux sociaux et provoqué l'indignation d'hommes politiques et de défenseur des droits humains du Cameroun. Certains exigent une commission d'enquête internationale.

D'après le leader de l'opposition, Ni John Fru Ndi, qui s'est rendu samedi à Menka, des "civils" font partie des victimes. Un député de son parti, Nji Tumasang, avait affirmé à l'AFP que trois autres personnes, dont une soupçonnée d'appartenir au groupe du motel et un conducteur de moto-taxi, avaient été arrêtées dans un hôpital d'une localité voisine et exécutées par des soldats.

Le groupe décapité à Menka est "une bande armée" constituée depuis des mois pour "semer la terreur et la désolation au sein de la population", selon le porte-parole du gouvernement. Il a affirmé que ce groupe serait à l'origine de l'assassinat de gendarmes dans la région, d'enlèvements, de viols et rackets.

Les combats entre l'armée et des groupes séparatistes sont devenus presque quotidiens dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, de même que les enlèvements de Camerounais et d'étrangers depuis 2016.