Afrique

Cameroun : Une école de robotique encourage les filles dans cette filière

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TV5MONDE | Récit : P. FÉRUS • Montage : V. PEREZ

Fondée par une enseignante féministe, le centre NextGen s'efforce d'intéresser les filles aux métiers technologiques et précisément ceux de la robotique.

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C'est sûr que maîtriser tous les mouvements du robot n'est pas toujours simple, mais ce n'est pas ce qui découragera Xaviera. Ni elle, ni ses petits camarades.

Xaviera a 15 ans. Et dans cette école technologique de Yaoundé, le centre NextGen, elle apprend à fabriquer des robots et à perfectionner ses connaissances informatiques.
 

Ce centre est un atout face aux autres filles scolarisées dans la filière classique
Xaviera Nguefo, collégienne

"Dans la robotique, la partie théorique étudiée en classe prend tout son sens quand nous fabriquons nos robots", dit Xaviera Nguefo. Et de rappeler fièrement : "C'est un atout pour moi. Je suis forcément mieux armée qu'une autre fille scolarisée dans la filière classique."

Selon les chiffres des Nations unies de 2016, 95% des enfants déscolarisés étaient des filles. Permettre aux filles d'accéder au savoir et au savoir-faire était une priorité pour la fondatrice de cette école de robotique.

"Tout commence avec elles. Avec leurs rêves...", martèle Janet Folang, la fondatrice de NextGen Digital Technologies.

Celle qui est aussi enseignante au sein de son établissement rajoute : "alimenter leur rêve est un moyen de les pousser le plus loin possible. Nous ne voulons pas de cas de personnes qui n'atteignent pas leur plein potentiel, parce qu'elles n'ont pas eu ce coup de pouce nécessaire."

95% des enfants déscolarisés sont des filles

Et les filles sont particulièrement motivées. Avec peut-être un atout supplémentaire. Des robots ludiques... c'est bien... Des robots utiles... c'est mieux!
Lynne Yenwo se voit déjà fabriquer des robots qui concourrent à sauver des vies ou améliorer celles de personnes vivants en milieu rural.

"J'aimerais fabriquer un robot à même de traduire ce que veulent dire nos grands-parents, tantes et oncles qui ne parlent pas bien l'anglais", dit-elle. Et d'ajouter : "Un robot qui permettrait au medecin de mieux cerner leur souffrance et de mieux les soigner."

En attendant le centre permet aux filles de s'intéresser aux sciences, aux mathématiques et de participer à de nombreux concours robotiques internationaux. Une manière aussi de forcer son destin dans un pays où selon les Nations-Unies, près de 60% des femmes sont analphabètes.