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CAN 2021 : deux matchs déplacés de Douala à Yaoundé

Les gradins du stade Olembé de Yaoundé où deux matchs, un quart et une demi-finale, seront joués.
Les gradins du stade Olembé de Yaoundé où deux matchs, un quart et une demi-finale, seront joués.
© AP Photo/Themba Hadebe

La CAN camerounaise poursuit son chemin chaotique : un quart de finale et une demie vont être déplacés de Douala à Yaoundé, une décision sans lien avec la bousculade meurtrière du 24 janvier, mais motivée par le mauvais état de la pelouse du stade de Douala.

Cette décision concerne le quart qui opposera ce dimanche 30 janvier le Sénégal au vainqueur de Mali-Guinée équatoriale, initialement prévu au stade Japoma de Douala, ainsi qu'une des deux demies du 2 février, a annoncé ce 26 janvier la Confédération africaine de football (CAF) dans un communiqué. Les deux rencontres se joueront au stade Ahmadou Ahidjo de la capitale Yaoundé.

Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a déjà annoncé le déplacement d'un quart de finale dimanche du grand stade d'Olembé à Yaoundé au stade Ahidjo, en raison de la bousculade mortelle qui a fait huit morts lundi 24 janvier avant le 8e de finale Cameroun-Comores.

(RE)voir : CAN 2021 : huit morts dans une bousculade en marge du match Cameroun-Comores

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Patrice Motsepe a mis en cause - une thèse confortée par des témoignages recueillis par l'AFP - la fermeture d'une des grilles d'accès au stade, à son entrée Sud. Il avait jugé le 25 janvier "inexplicable" cette décision. "Si cette porte avait été ouverte comme elle aurait dû l'être, nous n'aurions pas eu le problème que nous avons à présent, ces pertes de vie. Qui a fermé cette porte ? Qui est responsable de cette porte?", a-t-il martelé devant la presse. 

Huit morts dans la bousculade

Huit personnes, dont un enfant et deux femmes, avaient péri piétinées par la foule à la porte Sud de ce stade à peine achevé au début de la compétition, et 38 avaient été blessées.

La CAF a réaffirmé ce 26 janvier dans son communiqué la décision de son président: "Le prochain match initialement prévu au stade d'Olembé n'aura pas lieu et ce, tant que la CAF et le comité d'organisation local (COCAN) n'auront pas reçu le rapport complet de la commission d'enquête indiquant les circonstances et les événements ayant entraîné la blessure et la mort de spectateurs au stade d’Olembé".

Maintien d’un des demi-finales du 2 février à Olem

Un quart de finale dimanche est maintenu au stade Japoma de Douala, Cameroun-Gambie, et une des deux demi-finales prévues le 2 février à Olembé n'est, pour l'heure, pas déplacée, dans l'attente des conclusions de l'enquête.

"La CAF exige également l'assurance et la garantie que des mesures appropriées ont été mises en œuvre pour s'assurer qu'un incident similaire ne se produise plus", poursuit le communiqué.

La confédération n'a pas expliqué les raisons du déplacement des rencontres prévues à Douala. "Elles ne sont pas liées aux questions de sécurité, mais motivées par le mauvais état de la pelouse de Japoma", a affirmé à l'AFP, sous couvert de l'anonymat, un responsable de la CAF. 

Un de ses pairs explique à l'AFP que la pelouse du terrain "souffre de la forte humidité de la région de Douala, de la chaleur et du manque de lumière". "Le toit du stade plonge très tôt la pelouse dans l'ombre, cela ralentit la photosynthèse et la croissance de la pelouse, qui ne peut pas suffisamment respirer", ajoute-il. 

Des forces de sécurité "dépassées"

L'Algérie avait déjà demandé que son match décisif contre la Côte d'Ivoire, le 20 janvier à Douala, soit déplacé en raison du piteux état du terrain, mais la CAF avait refusé cette requête.

Aucune information n'a filtré pour l'heure de l'enquête sur le drame d'Olembé, ordonnée aussi par le président camerounais Paul Biya, mais Patrice Motsepe a exigé que les premières conclusions soient remises à la CAF vendredi 28 janvier au plus tard.

Selon des témoignages convergents recueillis par l'AFP, une foule s'était rassemblée devant la grille fermée de la porte Sud avant que des forces de sécurité "dépassées" ne finissent par l'ouvrir, laissant des centaines de personnes se ruer dans l'enceinte en piétinant des dizaines d'autres.

Le professeur André Omgbwa Eballe, directeur de l'hôpital du district d'Olembé, était allé au match et attendait devant la porte Sud, puis a rallié son établissement pour recevoir des dizaines de blessés. "C'était un afflux incroyable, je n'avais jamais vu autant de monde devant ce stade", a témoigné le 25 janvier le médecin au micro de l'AFPTV. 

"C'est quand la police a ouvert les grilles que les uns sont tombés et les autres leur ont marché dessus", assurait-il.