Afrique

Casamance : neuf soldats sénégalais disparus en Gambie

Soldats sénégalais à Karang, près de la frontière avec la Gambie, le 19 janvier 2017. La mission Ecomig de la Cédéao, déployée en Gambie en janvier 2017 après le refus de l'ancien président Yahya Jammeh de quitter le pouvoir, est en majorité composée de soldats sénégalais. Son mandat a été plusieurs fois prolongé, à la demande des autorités de Banjul.
Soldats sénégalais à Karang, près de la frontière avec la Gambie, le 19 janvier 2017. La mission Ecomig de la Cédéao, déployée en Gambie en janvier 2017 après le refus de l'ancien président Yahya Jammeh de quitter le pouvoir, est en majorité composée de soldats sénégalais. Son mandat a été plusieurs fois prolongé, à la demande des autorités de Banjul.
© AP Photo/Sylvain Cherkaoui

Neuf soldats sénégalais appartenant à une mission ouest-africaine ont disparu en Gambie lors d’un accrochage avec de présumés rebelles casamançais. Le médiateur du groupe de réflexion pour la paix en Casamance déplore cet épisode qui "vient interrompre un processus de paix qui semblait bien avancé".

Ces soldats sénégalais appartenaient à une mission ouest-africaine pour la paix en Casamance, région instable du sud du Sénégal. Ils ont disparu le 24 janvier lors d’un accrochage avec de présumés rebelles casamançais. Leur recherche se poursuit "comme au premier jour", a déclaré à l’Agence France Presse un responsable militaire sénégalais, sans donner de détails sur la zone de recherche et les moyens dégagés.

Les précisions de notre correspondante au Sénégal, Hélène Renaux :

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La capture de ces soldats est "un évènement déplorable qui est venu interrompre un processus de paix qui semblait bien avancé", déclare sur la radio RFM (privée), Robert Sagna, chef du Groupe de réflexion pour la paix en Casamance (GRPC), médiateur dans la crise que connaît cette région, plus calme ces dernières années.

Selon l’armée, les neuf soldats sénégalais de la mission ouest-africaine en Gambie (Ecomig) sont présumés captifs de rebelles casamançais depuis des affrontements lors d'une opération contre le trafic de bois en Casamance.

Deux soldats sénégalais sont morts dans ces affrontements, un rebelle tué et trois autres faits prisonniers, a précisé un porte-parole de l’armée sénégalaise. La Gambie, pays partiellement enclavé dans le Sénégal abrite des rebelles du Mouvement des forces démocratiques de Casamance (MFDC) qui se bat depuis bientôt 40 ans pour l'indépendance de cette région à ses frontières.
 

La Casamance se situe dans le sud du Sénégal, prise en étau entre la Gambie et la Guinée Bissau.
La Casamance se situe dans le sud du Sénégal, prise en étau entre la Gambie et la Guinée Bissau.
Infographie Martine Bruneau / © TV5MONDE

"Le processus de paix semblait définitivement installé pour la fin de la guerre", a ajouté Robert Sagna, ancien ministre et ancien maire de Ziguinchor, plus grande ville de Casamance. "Tout ce que nous pouvons faire, nous le ferons (pour la libération des soldats). Le GRPC ne reculera sur aucune solution pour la paix en Casamance", a-t-il poursuivi.

La Casamance est le théâtre d'un des plus vieux conflits d'Afrique depuis que des indépendantistes ont pris le maquis après qu’une marche pacifiste à Ziguinchor est sévèrement réprimée le 26 décembre 1982. A partir de ce moment, une partie du MFDC se radicalise et fonde une branche armée, l'Atika, les combattants en Diola. Le conflit en Casamance est né et dure encore, quatre décennies plus tard. Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l'économie, le conflit a persisté à basse intensité. Le Sénégal s'emploie à normaliser la situation et a entrepris de réinstaller les déplacés.

(RE)lire : Au Sénégal, quelle issue en Casamance après quarante ans de conflit
 

La mission Ecomig de la Cédéao, déployée en Gambie en janvier 2017 après le refus de l'ancien président Yahya Jammeh de quitter le pouvoir, est en majorité composée de soldats sénégalais. Son mandat a été plusieurs fois prolongé, à la demande des autorités de Banjul.