Afrique

Centrafrique : le chef du groupe armé UPC sanctionné par l’ONU

Depuis la mi-décembre 2020, au moins 240 000 personnes ont fuit la Centrafrique devant l'armée de l'UPC dirigée par Ali Darassa affirme l'ONU. Ici, Saint-Cyr Boussa, fumant une cigarette, entouré de ses frères dans le village de Cesacoba en Centrafrique le 14 février 2021 ."Nous avons quitté notre village pour sauver nos vies" dit-il.
Depuis la mi-décembre 2020, au moins 240 000 personnes ont fuit la Centrafrique devant l'armée de l'UPC dirigée par Ali Darassa affirme l'ONU. Ici, Saint-Cyr Boussa, fumant une cigarette, entouré de ses frères dans le village de Cesacoba en Centrafrique le 14 février 2021 ."Nous avons quitté notre village pour sauver nos vies" dit-il.
© AP Photo/Adrienne Surprenant

À la demande de la France, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté des sanctions à l'encontre du chef de l'UPC, l'un des groupes armés les plus puissants de Centrafrique, le général Ali Darassa. Le ministère français des Affaires étrangères l’annonce ce 22 décembre.

"Sur proposition de la France et avec le parrainage des États-Unis, de l'Inde et du Royaume-Uni, le Conseil de sécurité a adopté le 21 décembre 2021 des sanctions individuelles à l'encontre d'Ali Darassa", a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"En décidant unanimement de cette mesure, le Conseil de sécurité démontre à nouveau sa détermination à lutter contre l'impunité et à punir ceux qui s'opposent au processus de paix en République centrafricaine", a commenté Anne-Claire Legendre.

Les États-Unis avaient déjà annoncé le 17 décembre la saisie de tous les avoirs américains d'Ali Darassa, qui dirige le groupe armé Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) très actif à l’est du pays. En décembre 2019, l'UPC avait rejoint la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), une alliance de groupes armés qui avait lancé une offensive à deux semaines de l'élection présidentielle pour empêcher la réélection du président Touadéra, finalement reconduit à l'issue d'un scrutin contesté.

(RE) lire : Centrafrique : l'UPC, le plus puissant groupe armé, s'engage à quitter la coalition rebelle
 

"Cet individu est responsable de nombreux crimes et exactions contre les civils, ainsi que de trafics d'armes en violation de l'embargo en vigueur, d'actes de prédation et de guerre à l'encontre des autorités centrafricaines", a indiqué la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères.

"Ali Darassa a notamment joué un rôle déterminant dans la création de la CPC, coalition de groupes armés ayant cherché à renverser les autorités centrafricaines en décembre 2020, en violation de l'Accord pour la Paix et la Réconciliation en République centrafricaine (APPR) du 6 février 2019" a-t-elle rajouté.

Selon le département américain du Trésor, "les militants de l'UPC ont tué, torturé, violé et déplacé des milliers de personnes depuis 2014".

L'ONG américaine The Sentry, spécialisée dans la traque de l'argent de la corruption qui finance les guerres, affirme qu'Ali Darassa est directement impliqué dans l'attaque d'un camp de déplacés dans laquelle au moins 112 personnes ont trouvé la mort en novembre 2018.

L'UPC, principalement actif dans l'est de la Centrafrique, s'était engagé en avril 2021 à quitter la coalition rebelle qui cherche à renverser le régime du président Faustin Archange Touadéra, mais a refusé en octobre de rejoindre d'autres groupes dans un cessez-le-feu déclaré par le président.

Le président Faustin Archange Touadéra a été réélu le 4 janvier 2021 et les résultats du scrutin immédiatement contestés par l’opposition. Son armée a aujourd'hui en grande partie reconquis le territoire centrafricain, grâce à l'appui de centaines de paramilitaires russes, des mercenaires de la société privée de sécurité russe Wagner qui, selon l'ONU et la France, exercent une forte influence sur Bangui.

(RE)voir : Centrafrique : sur la société russe Wagner, les autorités centrafricaines doivent "sortir du déni", selon Paris

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