Centrafrique : un an de prison avec sursis pour Crépin Mboli Goumba

L'avocat Crépin Mboli Goumba, une figure de l'opposition en Centrafrique, a été condamné le 27 mars à un an de prison avec sursis pour diffamation et outrage à magistrats. 

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Crépin Mboli Goumba - photo twitter

Crépin Mboli Goumba - photo twitter

© D.R. twitter Crépin Mboli Goumba
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Crépin Mboli Goumba, coordinateur de la principale plateforme de l'opposition, le Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution (BRDC), avait publiquement accusé certains magistrats de complaisance à l'égard de prévenus voire d'être corrompus, et reproché à "la justice de ne plus être rendue au nom du peuple". Il avait été arrêté le 3 mars et gardé à vue trois jours.

Lire Centrafrique : l'opposition dénonce une "mascarade"

Le tribunal d'instance de Bangui l'a condamné le 27 mars à un an de prison avec sursis et 80 millions de francs CFA (près de 122 000 euros) de dommages répartis entre quatre juges. L'avocat était accusé d'avoir "diffamés" et "outragés", selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience.

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Mboli Goumba a quitté le tribunal libre et ses avocats, qui dénoncent un "procès politique", ont indiqué qu'ils faisaient appel.

Une opposition baîllonée

L'opposition, dont les meetings et manifestations sont quasi-systématiquement interdits, fait régulièrement l'objet de menaces et d'intimidations en Centrafrique, dénoncent régulièrement les ONG internationales.

Un député d'opposition, Dominique Yandocka, est emprisonné depuis le 15 décembre, malgré son immunité parlementaire, pour une "tentative de coup d'État" que l'accusation n'a toujours pas étayée publiquement. 

Voir "Centrafrique, la fabrique d'un autoritarisme"

Le régime d'Archange Touadéra "réprime la société civile, les médias et les partis politiques d'opposition", écrivait Human Rights Watch (HRW) en avril 2023. L'ONG invoquait "de graves préoccupations sur des risques en termes de violations des droits humains et de réduction de l'espace démocratique et de la liberté d'expression".

HRW exhortait aussi le pouvoir de Touadéra à "garantir l'indépendance de la justice pour s'assurer que les responsables qui attaquent les détracteurs du gouvernement soient amenés à rendre des comptes". 

Archange Touadéra a fait modifier la Constitution en juillet 2023 par un référendum boycotté par l'opposition, pour s'autoriser à briguer un troisième mandat en 2025.
Élu en 2016 en pleine guerre civile, il avait été réélu en 2020 dans des conditions contestées par l'opposition et dans un pays dont une grande majorité du territoire était contrôlée par des rebelles, que son armée a ensuite repoussés grâce à l'aide de Moscou et l'intervention massive de mercenaires russes de Wagner.