Afrique

Centrafrique : un marché de noël sous haute sécurité

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(c) A. DELPIERRE / S.T. NZAM / S. ANDRE

À Bangui, le marché de Noël est une grande première. Ouvert à toute la population qu'elle soit chrétienne ou musulmane, et hautement sécurisé, il doit permettre d'oublier l'insécurité passée, mauvaise pour les affaires.

Dans une maison du quartier Bas Koundja, Gladys s'affaire. Il ne reste plus que quelques heures avant le réveillon et à cause de l'insécurité qui règne encore dans le quartier musulman du PK5, pourtant tout proche, les achats de Noël risquent de prendre un peu plus de temps cette année.
 
Papa nous amenait au PK5 pour faire les achats de Noël mais compte tenu de l'insécurité nous avons appris que le maire a ouvert un marché au centre ville.Gladys, habitante de Bangui
Direction donc le stade municipal de Bangui. Avec son père Thierry et ses deux jeunes frères Gladys découvre le premier marché de Noël de la capitale, avec ses allées aérées et ses étals délimités pour chaque vendeur.

Si l'ambiance semble toujours au rendez-vous, on est bien loin des embouteillages et des bousculades typiques des fêtes de fin d'année dans les rues du centre-ville, ou encore des tensions du PK5
 
Le PK5 c'est le poumon économique du pays mais actuellement avec les difficultés qu'il y a là-bas, nous pouvons également penser que la diversification des centres économiques est une très bonne chose.Emile Gros-Nakombo, Maire de Bangui
Mais si la municipalité souhaitait regrouper ici tous les marchands de Noël. Peu sont ceux du PK5 à avoir répondu à l'invitation.
 
Si on nous avait aménagé un endroit fixe nous qui venons du PK5, nous serions contents. Mais nous sommes ici au centre ville comme des étrangers et on devrait nous accueillir et nous installer.Hervé, ancien commerçant du PK5
De retour à la maison après quelques bonnes affaires, Thierry est tout de même un peu déçu. Car l'initiative de la mairie n'empêche pas la méfiance entre les communautés de perdurer.
 
Nous regrettons le fait que même sur le marché nous n'avons pas pu rencontrer nos frères musulmans qui vendaient aussi ces jouets-là, c'est vraiment une déception. Toutefois nous allons les inviter le 25 décembre pour qu'ensemble nous puissions partager le repas de Noël. Thierry Yongo, habitant près du PK5
Un esprit de Noël que Bangui n'a plus connu depuis la crise centrafricaine de 2013.