Afrique

Congo-Brazzaville : le général Mokoko évacué en Turquie pour des soins

Jean-Marie Michel Mokoko lors de son procès au tribunal à Brazzaville, au Congo, le 11 mai 2018.
Jean-Marie Michel Mokoko lors de son procès au tribunal à Brazzaville, au Congo, le 11 mai 2018.
© REUTERS / Roch Bouka

Les autorités de Brazzaville ont autorisé, ce jeudi 30 juillet, l'évacuation par avion médicalisé, à destination d'Ankara en Turquie, de l'opposant et prisonnier congolais de 73 ans, Jean-Marie Michel Mokoko, au terme de longues semaines de tractations.

"L'avion (médicalisé) transportant le général, son médecin et trois agents de sécurité a décollé de l'aéroport international de Brazzaville à 11h28 (10h28 GMT) à destination d'Ankara en Turquie", a déclaré à l'AFP Yvon Éric Ibouanga, avocat du général Mokoko.

L'information a été confirmée par une source de l'Agence nationale de l'aviation civile (Anac), qui a requis l'anonymat: "Le général a bien embarqué et l'avion a bien décollé".

"Envoyer le général Mokoko en Turquie pour des soins, c'est exporter la maison d'arrêt de Brazzaville à Ankara, parce que la Turquie n'est pas un modèle en matière des droits de l'homme et des libertés fondamentales", a réagi l'opposant Paulin Makaya, dirigeant du parti Unis pour le Congo (UPC), au cours d'une conférence de presse.

Revoir : République du Congo : inquiétude autour du sort du général Mokoko

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Un opposant condamné

Candidat malheureux au scrutin présidentiel en mars 2016, le général Mokoko, qui avait contesté la réélection de Denis Sassou Nguesso, a été condamné pour "atteinte à la sûreté de l'État" et "détention illégale d'armes et munitions de guerre", au terme d'un procès controversé en 2018.
Il avait été admis à l'hôpital militaire de Brazzaville le 2 juillet pour "fatigue générale et manque d'appétit", selon son avocat.

Plusieurs associations de défense des droits de l'homme, des avocats et des opposants ont multiplié des appels en vue de son évacuation.
Le 16 juillet, les autorités avaient interdit une marche pacifique organisée par une coalition de la société civile pour réclamer cette évacuation, évoquant des risques de propagation du coronavirus.

"Le plus important est qu'il recouvre sa santé. Le reste nous le verrons plus tard", a réagi auprès de l'AFP Trésor Nzila, de l'Observatoire congolais des droits de l'homme (OCDH).

Le président Sassou Nguesso, qui cumule 35 ans au pouvoir, avait estimé début mai qu'il n'y avait "pas de raison" de libérer deux opposants politiques, dont M. Mokoko, pour désengorger les prisons face au coronavirus.