Afrique

"Congo files" : l'enquête sur le meurtre en RDC de deux experts de l'ONU qui dérange

Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï en mars 2017, alors qu'ils enquêtaient sur les violences dans la région.
Les experts de l'ONU Zaida Catalan et Michael Sharp ont été assassinés dans le Kasaï en mars 2017, alors qu'ils enquêtaient sur les violences dans la région.
© DR

Cinq médias internationaux ont publié, mercredi 28 novembre, le premier volet d'une enquête sur le meurtre en 2017 de deux experts des Nations unies en République démocratique du Congo. On découvre dans ces "Congo files", que l'ONU a été partagée entre quête de la vérité et souci du compromis avec Kinshasa.

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L'enquête s'appuie "sur des milliers de page de documents confidentiels des Nations unies" et revient sur le "rôle trouble" attribué à des "agents de l'État" congolais dans le meurtre des deux experts le 12 mars 2017 dans le Kasaï (centre).

Selon Kinshasa, la Suédoise d'origine chilienne Zaida Catalan et l'Américain Michael Sharp ont été tués dans le village Bunkonde par les miliciens "terroristes" Kamuina Nsapu, en rébellion contre les autorités entre septembre 2016 et mi-2017. Les deux experts enquêtaient sur les violences dans le Kasaï pour le compte du Conseil de sécurité des Nations unies.

'Congo files'

L'enquête sur leur meurtre, intitulée 'Congo files', évoque "les investigations poussées et semées d'embûches" menées par la Mission des Nations unies au Congo (Monusco), la plus importante et la plus onéreuse au monde, et l'une des plus anciennes.

"Les policiers d'Unpol (la police des Nations unies) naviguent dans une nébuleuse d'informateurs suspectés de manipulations et de double-jeu. Pour le compte de qui agissent-ils ?", peut-on lire dans cette enquête publiée par RFI, Le Monde, Suddeutsche Zeitung, Foreign Policy et la télévision suédoise SVT.

"L'organisation internationale se retrouve tiraillée par les divisions entre les partisans d'un compromis politique avec Kinshasa au détriment de la vérité et les tenants d'une enquête indépendante", écrivent les médias.

Ils citent par exemple le cas d'un Congolais, Jean Bosco Mukanda, "qui détaille l'assassinat des deux experts aux premiers enquêteurs des Nations unies". "Très vite, ces derniers réalisent que leur informateur entretient des relations étroites avec les officiers locaux des Forces armées congolaises (FARDC)", lit-on sur le site de RFI.

Le 1er mai, la police des Nations unies s'interroge dans une note confidentielle: "Jean-Bosco Mukanda n'est-il pas la même personne qui filme et parle sur la vidéo" de la mise à mort des deux jeunes experts?

Le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende, "appelle les Nations unies à transmettre toutes leurs informations, y compris celles relatives à des agents de l'État, à la justice militaire congolaise. Il dément toute entrave", lit-on sur le site de RFI.
L'enquête doit être encore publiée en quatre volets jusqu'à samedi.