Afrique

Corne de l'Afrique : un nouvel émissaire américain sur fond d'impasse en Éthiopie et au Soudan

Manifestation pour dénoncer le coup d'État militaire d'octobre, à Khartoum, au Soudan, le jeudi 30 décembre 2021.
Manifestation pour dénoncer le coup d'État militaire d'octobre, à Khartoum, au Soudan, le jeudi 30 décembre 2021.
©AP Photo/Marwan Ali

Les États-Unis ont annoncé ce jeudi 6 janvier la nomination du diplomate chevronné David Satterfield comme nouvel émissaire pour la Corne de l'Afrique, en remplacement de Jeffrey Feltman. Ce dernier quitte ses fonctions sur fond d'impasse dans le conflit éthiopien et la crise soudanaise.

David Satterfield, un spécialiste des dossiers épineux du Moyen-Orient qui a eu a gérer ces dernières années les relations tendues avec la Turquie en tant qu'ambassadeur à Ankara, prendra ses fonctions "dans les prochains jours", a déclaré le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken dans un communiqué.

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Ses "décennies d'expérience diplomatique et de travail aux prises avec les conflits les plus complexes de la planète seront précieuses dans nos efforts persistants pour promouvoir une Corne de l'Afrique prospère et pacifique", a-t-il ajouté.

Jeffrey Feltman terminera sa mission après un dernier déplacement à Addis Abeba, actuellement en cours, pour tenter d'arracher des pourparlers de paix entre le gouvernement éthiopien et les rebelles tigréens.

Jeudi, il a rencontré le Premier ministre Abiy Ahmed pour des "discussions constructives", a dit le département d'État américain.

Antony Blinken assure que l'émissaire sortant, nommé début 2021, avait toujours eu l'intention de partir après "moins d'un an". Il restera "conseiller" auprès du département d'Etat.

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Jeffrey Feltman, très investi sur les fronts soudanais et éthiopien, avait essuyé un lourd camouflet le 25 octobre lors du putsch militaire mené à Khartoum, la capitale du Soudan, quelques heures seulement après son départ, alors même qu'il pensait avoir reçu des assurances satisfaisantes de la part de l'armée.

Son retrait intervient alors que le Premier ministre civil Abdallah Hamdok vient de démissionner, rendant encore plus difficile la relance de la transition démocratique.

Ses efforts pour pousser au dialogue les belligérants en Ethiopie sont aussi pour l'instant restés sans lendemain.