Corne de l'Afrique : le chef de l'ONU exhorte le monde à empêcher une famine

Ce mercredi 24 mai, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a exhorté le monde à empêcher que des "gens meurent" de faim dans la Corne de l'Afrique. La région est frappée par une sécheresse record.

Image
Corne de l'Afrique famine

Des déplacés font face à la sécheresse, en Somalie, le 21 septembre 2022.

AP Photo/Jerome Delay
Partager1 minute de lecture

En ouverture, à New York, d'une conférence de donateurs pour cette région de l'est de l'Afrique (Ethiopie, Erythrée, Somalie, Djibouti, Kenya et Soudan), Antonio Guterres a appelé "la communauté internationale à financer de manière urgente les programmes humanitaires pour 2023".

"A ce jour, seulement près de 20% (du fonds) sont financés et c'est inacceptable", a tonné le patron de l'ONU, en soutien aux pays organisateurs de la conférence: l'Italie, le Qatar, le Royaume-Uni et les Etats-Unis. "Sans une injection majeure et immédiate d'argent, les opérations d'urgence vont caler jusqu'à l'arrêt et des gens vont mourir", a mis en garde Antonio Guterres. 

Les enfants largement touchés par la famine

Il a cité des chiffres de l'OMS et de l'Unicef selon lesquels "l'année dernière, la sécheresse en Somalie a emporté 40 000 vies, dont la moitié étaient des enfants de moins de cinq ans".

Et dans ce pays, depuis le début de l'année 2023, ce sont plus d'un million de personnes qui ont été déplacées par les conflits armés, les inondations ou la sécheresse, aggravant les risques de famine, ont annoncé mercredi l'agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR) et le Norwegian Refugee Council (NRC).

(Re)voir : Somalie : toujours plus de déplacés climatiques

TV5 JWPlayer Field
Chargement du lecteur...

De surcroît, Antonio Guterres a souligné que les "populations de la Corne de l'Afrique payaient un prix insensé pour une crise climatique qu'elles n'ont en rien provoquée".

La Corne de l'Afrique, victime du dérèglement climatique

De fait, la sécheresse historique qui frappe la Grande Corne de l'Afrique est la conjonction inédite d'un manque de pluie et de fortes températures qui n'aurait pas pu se produire sans les émissions humaines de gaz à effet de serre, a démontré dans une étude publiée fin avril le World Weather Attribution (WWA), réseau mondial de scientifiques.

Depuis fin 2020, l'Ethiopie, l'Erythrée, la Somalie, Djibouti, le Kenya et le Soudan subissent leur pire sécheresse de ces 40 dernières années.

Cinq saisons de pluies déficitaires d'affilée ont tué des millions de têtes de bétail et détruit les récoltes. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, plus de 23 millions de personnes sont "en proie à une grave famine" dans les trois principaux pays de la région (Somalie, Kenya, Ethiopie).

"Nous devons agir maintenant pour empêcher qu'une crise se transforme en catastrophe", a encore réclamé le secrétaire général des Nations unies, rappelant qu'en 2022 les pays donateurs pour la Corne de l'Afrique avaient permis aux organisations internationales de "livrer de l'aide d'urgence à 20 millions de personnes et contribuer à éviter une famine".