Afrique

Coronavirus au Sénégal : retour à l'école reporté à la dernière minute

Les sœurs Larson se lavent les mains dans leur domicile à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2020. 
Les sœurs Larson se lavent les mains dans leur domicile à Dakar, au Sénégal, le 21 mai 2020. 
(Photo AP / Krista Larson)

Les autorités sénégalaises ont décidé de reporter le retour à l'école quelques heures seulement avant l'échéance prévue ce mardi 2 juin pour des centaines de milliers d'élèves. Les classes sont suspendues depuis mars en raison de la crise sanitaire du Covid-19.

La reprise est repoussée jusqu'à "une date ultérieure", a indiqué le ministère de l'Education nationale dans un communiqué publié en pleine nuit, sans préciser de nouvelle date. Le ministère invoque la découverte de la contamination d'enseignants en Casamance (sud).

La reprise concernait les élèves des classes dites d'examen (CM2, troisième, terminale).

(Re)voir : Coronavirus en Afrique : la difficile rentrée des classes

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De nombreuses voix d'enseignants, de parents, d'élèves, s'étaient élevées à l'approche de la reprise devant les conditions dans lesquelles elle s'annonçait et les risques sanitaires qu'elle posait dans ce pays. Elles critiquaient les moyens mis à disposition des établissements et l'impossibilité de faire respecter les gestes de prévention.

Les écoles catholiques de Dakar avaient annoncé qu'elles rouvriraient, mais sans les élèves. Elles disaient "ne pas être prêtes à recevoir les élèves" et refusaient de "mettre la vie des élèves, des personnels et de leurs familles en danger".

(Re)voir : Coronavirus au Sénégal, l'école en direct à la télévision

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TV5MONDE | W. DE LESSEUX

Les catholiques représentent environ 5% de la population très majoritairement musulmane.

Le Sénégal a déclaré officiellement plus de 3.700 cas de contamination et 43 décès. La pandémie y est relativement contenue comme dans la plupart des pays africains, mais l'inquiétude demeure quant à la faculté du système sanitaire à supporter une vaste contagion.

A contrario, la pression va grandissant pour un allègement des restrictions en raison de leur impact sévère sur l'économie dans un pays où environ 40% de la population se situe sous le seuil de pauvreté selon la Banque mondiale et où beaucoup vivent au jour le jour d'activités informelles.
 

Et le couvre-feu ? 

Ce sont 550.000 élèves sur un total de 3,5 millions qui devaient retourner en classe mardi.

Au cours des dernières semaines, les médias ont diffusé des images de personnel procédant au nettoyage des classes. Mais les réseaux sociaux ont aussi abondamment fait circuler les images de foules d'enseignants et d'élèves rassemblés sans distanciation sur les parkings de Dakar où des cars devaient les ramener sur leur lieu de travail et de scolarisation.

Les mêmes réseaux sociaux ont répercuté le dénuement de certaines écoles, en particulier dans les localités de l'intérieur avec un accès limité à l'eau courante. Des internautes ont publié des listes du matériel (masques, savon, détergent) qui avait été fourni à certaines écoles pour signifier, selon eux, l'indigence de la dotation.

C'est cependant la contamination d'enseignants de la région de Ziguinchor (sud) que le ministère a mise en avant. Il sont au nombre de dix, a dit à la radio Rfm un responsable du ministère.

Aussi le président Macky Sall a-t-il "décidé de reporter la reprise des cours (...) jusqu'à une date ultérieure afin d'annuler tout risque de propagation", a indiqué le ministère. Il a demandé aux ministres concernés de "poursuivre les efforts déjà entamés en vue de se préparer à une éventuelle réouverture des classes".

(Re)voir : Macky Sall sur TV5MONDE, "Au Sénégal je ne prône pas le couvre-feu général"

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Depuis le premier cas de contagion le 2 mars, les autorités sénégalaises ont pris des mesures vigoureuses contre le coronavirus, sans aller jusqu'au confinement. Le président vient de prolonger jusqu'à fin juin l'état d'urgence permettant des mesures exceptionnelles qui touchent notamment à la circulation des personnes.

Une décision est attendue dans les prochains jours sur le maintien de ces mesures, en particulier du couvre-feu nocturne et de l'interdiction de circuler entre les régions.