Afrique

Coronavirus : le FMI approuve une aide d'urgence de 3,4 milliards de dollars pour le Nigeria

Des habitants du bidonville de Makoko à Lagos repartent avec des colis alimentaires de la Croix-Rouge, ce 25 avril 2020.
Des habitants du bidonville de Makoko à Lagos repartent avec des colis alimentaires de la Croix-Rouge, ce 25 avril 2020.
© AP/Sunday Alamba

Le Fonds monétaire international (FMI) a annoncé mardi 28 avril le versement d'une aide d'urgence de 3,4 milliards de dollars en faveur du Nigeria pour combattre la pandémie du coronavirus. L'effondrement du prix du baril a mis en grande difficulté le premier pays producteur de pétrole en Afrique.

Cette aide, approuvée par le conseil d'administration au titre de la facilité de crédit rapide, doit permettre de "soutenir les efforts des autorités pour faire face aux graves répercussions économiques du choc Covid-19 et à la forte baisse des prix du pétrole", a commenté l'institution dans un communiqué.

"Cette épidémie a amplifié les vulnérabilités existantes, conduisant à une contraction historique de la croissance du PIB et à d'importants besoins de financement extérieur et budgétaire", précise le FMI.

Le pays face à la crise mondiale


Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent et qui dépend du brut pour 70% de ses revenus extérieurs, subit de plein fouet cette crise mondiale et n'a pas les moyens financiers de soutenir son économie. Le prix du baril de brent (le prix du baril côté sur la place fianncière de Londres) dépasse à peine les 21 dollars. Le gouvernement nigerian avait construit son budget avant la crise du coronavirus sur un prix du brent à plus de 50 dollars.
  Avec la chute des cours du prix du baril, l'augmentation de la dette, et le peu de revenus fiscaux, le Nigeria dispose donc de très de peu de marges de manoeuvre. Ce premier prêt pour le directeur général adoint du FMI pourrait ne pas être le premier. Le pays aura besoin sans doute besoin d'une aide supplémentaire.

"Une aide supplémentaire de la part des partenaires au développement sera nécessaire pour soutenir les efforts du gouvernement et combler le grand déficit de financement", estime Mitsuhiro Furusawa, directeur général adjoint du FMI, cité dans le communiqué.

Il exhorte les autorités à s'engager, une fois l'impact du choc Covid-19 passé, en faveur de la stabilité macroéconomique "cruciale à moyen terme pour soutenir la reprise et garantir la viabilité de la dette". En jargon FMI, cela veut dire que le pays devra trouver les moyens de rembourser sa dette sans compromettre la reprise de son économie après la fin de la crise sanitaire. 

Comme dans toutes les aides d'urgence accordées par le FMI dans le cadre de la crise liée à cette pandémie, le Fonds exhorte à la publication d'audit indépendant pour tracer les dépenses et "garantir que les fonds d'urgence sont utilisés aux fins prévues".

D'autres pays africains dont l'économie dépend de la rente pétrolière se retrouvent en grande difficulté. C'est notamment le cas de l'Algérie où le pouvoir en place ne cache plus son inquiétude sur le futur économique du pays.

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