Afrique

Coronavirus : le Maroc retiré de la liste des voyageurs autorisés à entrer dans l'UE, en pleine hausse des cas de contamination

Depuis le 15 juillet, le Maroc a partiellement rouvert ses frontières pour autoriser les citoyens marocains et résidant au Maroc à rentrer chez eux. Ici, des passagers enregistrent leurs bagages à l'aéroport international Mohammed V à Casablanca, le 15 juillet 2020.
Depuis le 15 juillet, le Maroc a partiellement rouvert ses frontières pour autoriser les citoyens marocains et résidant au Maroc à rentrer chez eux. Ici, des passagers enregistrent leurs bagages à l'aéroport international Mohammed V à Casablanca, le 15 juillet 2020.
(AP Photo/Abdeljalil Bounhar)

Le Maroc est sorti de la liste des pays dont les ressortissants sont autorisés à entrer dans l’UE sans restrictions, le 7 août dernier. Le pays fait face à une hausse des cas de Covid-19 et du nombre de décès.

La liste des pays tiers de l'Union européenne (UE) dont les ressortissants sont autorisés à entrer dans l'UE sans restrictions est soumise à une révision tous les quinze jours, en fonction de la situation épidémiologique de chaque pays.

Selon le communiqué de l'UE, pour rester dans la liste, certaines conditions liées à la situation épidémiologique doivent être remplies, comme une tendance “stable ou en baisse concernant les nouveaux cas au cours des 14 jours précédents”. Et des moyens suffisants doivent être mis en oeuvre pour le dépistage, le traçage des cas contacts, les mesures de confinement etc.

Ces restrictions temporaires s'appliquent aux voyages non essentiels à destination de l'UE. Les ressortissants de ces pays peuvent donc voyager en Europe sans avoir besoin du résultat d'un test PCR, par exemple.

Néanmoins, cet accord n'est pas un "instrument juridiquement contraignant". En effet, "les États membres sont responsables de la mise en œuvre du contenu de la recommandation". Pour autant, un État membre ne peut pas "décider de lever les restrictions de déplacement à l'égard de pays tiers ne figurant pas sur la liste" sans une décision collective. 

Depuis sa création, la liste de ces pays tiers s'est réduite de quinze à onze :  Australie, Canada, Géorgie, Japon, Nouvelle-Zélande, Rwanda, Corée du Sud, Thaïlande, Tunisie, Uruguay et la Chine, mais sous réserve de confirmation de la réciprocité pour ce dernier pays.

Les ressortissants des pays en dehors de cette liste peuvent être autorisés à voyager dans l'UE, dans des cas bien spécifiques : ressortissants de l'UE vivant à l'étranger, et leurs familles, personnel diplomatique, ou encore médical, par exemple. 

Lors de sa dernière réévaluation, fin juillet, le Maroc avait déjà été placé sous surveillance, et l'Algérie avait été retirée de la liste, en raison d'une hausse des contaminations dans ce pays.

En date du 15 août, le Maroc compte 37 935 cas confirmés de coronavirus, dont 584 décès, selon l'Université de médecine Johns Hopkins. Néanmoins, le pays est confronté à une hausse de cas, avec plus de 1.000 cas enregistrés quotidiennement depuis quelques jours, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) mettant en garde contre cette "tendance à la hausse".

Mercredi 12 août, un record de 1 499 contaminations, dont 23 décès, a été officiellement enregistré dans ce pays de 35 millions d'habitants, contre quelques dizaines en moyenne au début de la pandémie. 

"La tendance est à la hausse, à la fois en nombre de cas et en décès", a souligné le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une visioconférence depuis Genève. "Le Maroc devrait faire plus, notamment pour inverser la tendance haussière que nous observons actuellement", a-t-il ajouté.

L'état d'urgence sanitaire, en vigueur depuis mi-mars, a été prolongé jusqu'au 10 septembre, même si Rabat a commencé à assouplir les mesures de restrictions en juin avec la réouverture des cafés, restaurants et commerces.
 

Une hausse des contaminations "préoccupante"

 

Mais face à la hausse des contaminations consécutive au début du déconfinement, qualifiée de "préoccupante" par des médias marocains, les autorités ont imposé des restrictions de déplacements vers et depuis huit villes, et fermé des quartiers abritant des foyers, notamment à Tanger, Fès et Casablanca, la capitale économique.

Les frontières restent, elles, fermées "jusqu'à nouvel ordre", plongeant le secteur vital du tourisme dans une crise sans précédent. 

Néanmoins, depuis le 15 juillet dernier, le royaume avait déjà ouvert progressivement les liaisons aériennes pour permettre aux MRE (Marocains résidant à l’étranger), aux étrangers résidant au Maroc, aux étudiants marocains inscrits dans des universités à l’étranger, mais aussi aux Marocains bloqués à l’étranger durant le confinement, de rentrer chez eux, sous réserve de test PCR négatif.

Ces vols spéciaux, assurés notamment par la compagnie marocaine Royal Air Maroc (RAM), en coordination avec les autorités marocaines, avaient par la suite provoqué un accord de partenariat entre celle-ci et Air France.  L'état d'urgence sanitaire ayant été prolongé jusqu'au 10 septembre, les vols spéciaux de la RAM sont également reconduits jusqu'à cette date, selon la compagnie marocaine.